EI en Syrie: «Nous n'avons pas encore de stratégie», avoue Barack Obama

SYRIE Le président américain a souligné qu'il travaillait sur un projet à la fois militaire et diplomatique pour vaincre l'EI sur la durée, martelant que ce ne serait «ni rapide, ni facile»...

20 Minutes avec AFP
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Des djhiadistes de l'Etat islamique en Syrie
Des djhiadistes de l'Etat islamique en Syrie — capture d'écran 20minutes

«Nous n'avons pas encore de stratégie»: Barack Obama a reconnu jeudi sans détours que les Etats-Unis n'étaient pas prêts à ce stade à attaquer l'Etat islamique (EI) en Syrie, coupant court aux spéculations sur des frappes imminentes.

Après trois semaines de bombardements dans l'Irak voisin contre les positions des jihadistes ultra-radicaux, le président américain a souligné qu'il travaillait sur un projet à la fois militaire et diplomatique pour vaincre l'EI sur la durée, martelant que ce ne serait «ni rapide, ni facile». Mais il a exclu des frappes à court terme en territoire syrien à l'issue de plusieurs jours d'intenses spéculations, alimentées par des déclarations de responsables du Pentagone mettant en garde contre un groupe qui dispose d'un «savoir-faire militaire tactique et stratégique sophistiqué» et va «bien au-delà» de toute autre menace terroriste.

«Nous avons besoin d'un projet clair», a souligné Barack Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche avant de réunir une nouvelle fois dans la soirée les membres de son Conseil de sécurité nationale. Soulignant la nécessité de s'appuyer sur des «partenaires régionaux forts», il a annoncé que le secrétaire d'Etat John Kerry se rendrait prochainement dans la région pour bâtir une coalition indispensable pour répondre à cette menace qualifiée de «cancer».

«Offrir aux gens en Syrie une alternative au-delà d'Assad ou de l'EI»

L'armée américaine a mené une centaine de frappes aériennes dans le nord de l'Irak depuis le 8 août. Ces frappes ont notamment permis à l'armée irakienne et aux forces kurdes de reconquérir le barrage stratégique de Mossoul qui était aux mains des jihadistes. Mais face à un mouvement qui affiche sa volonté d'établir un «califat» à cheval entre Irak et Syrie, le Pentagone travaille sur différentes options qui permettraient de répondre aux jihadistes des deux côtés d'une frontière que ces derniers cherchent à effacer.

Barack Obama a par ailleurs estimé que les Etats-Unis n'avaient pas à faire de choix entre le régime de Bachar al-Assad d'une part et les jihadistes ultra-radicaux de l'Etat islamique d'autre part. L'administration Obama, qui partage désormais avec Damas un ennemi commun clairement identifié, se trouve dans une position délicate. Le gouvernement syrien a souligné cette semaine qu'il était prêt à coopérer avec Washington pour lutter contre les jihadistes, mais que toute frappe en Syrie devait se faire en coopération avec Damas, sous peine d'être considérée comme une «agression».

«Nous continuerons à soutenir l'opposition modérée car nous devons offrir aux gens en Syrie une alternative au-delà d'Assad ou de l'EI», a affirmé le président américain. «Je ne vois aucun scénario dans lequel Assad serait capable d'une façon ou d'une autre d'apporter la paix dans une région qui est à majorité sunnite. Il n'a jusqu'ici jamais démontré sa volonté de partager le pouvoir avec eux ou de chercher un accord», a-t-il ajouté, jugeant que le dirigeant syrien avait perdu «toute légitimité» sur la scène internationale.