Hollande fixe les grandes lignes de sa diplomatie, dans un contexte mondial chaotique

DIPLOMATIE Le président de la République «considère que la situation internationale est la plus grave que nous avons connue depuis 2001»...

20 Minutes avec AFP

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François Hollande sur le perron de l'Elysée le 27 août 2014 à Paris
François Hollande sur le perron de l'Elysée le 27 août 2014 à Paris — Fred Dufour AFP

François Hollande fixe jeudi les grandes lignes de sa diplomatie dans un contexte international d'une exceptionnelle gravité, marqué par la montée en puissance des jihadistes de l'Etat islamique en Irak et en Syrie.

«Je considère que la situation internationale est la plus grave que nous avons connue depuis 2001», déclarait la semaine dernière le président de la République au quotidien Le Monde. Conflit en Ukraine, guerre à Gaza, chaos en Libye, crises en Afrique, épidémie d'Ebola: les situations explosives se sont multipliées au cours de l'année écoulée.

Mais c'est encore une fois le Moyen-Orient, avec l'avancée fulgurante des jihadistes de l'Etat islamique (EI) et leur instauration d'un «califat islamique» à cheval entre l'Irak et la Syrie, qui est au coeur des préoccupations. Lors d'un discours devant les ambassadeurs français, réunis comme chaque année à l'Elysée pour se voir délivrer leur feuille de route, François Hollande donnera en particulier des précisions sur la conférence internationale sur la sécurité en Irak et la lutte contre l'Etat islamique, que tente de monter Paris.

«Coalition» de Washington pour d'éventuelles opérations en Syrie

Dans l'entourage du chef de l'Etat, on précise que l'objectif est que cette conférence ait lieu «rapidement», «dans les prochaines semaines», mais avec pour préalable obligatoire la constitution du gouvernement irakien. La réunion devra «traiter de toutes les dimensions liées à la menace de l'Etat islamique, y compris dans son caractère interregional», précise-t-on. Le chef de la diplomatie Laurent Fabius a déjà indiqué que la France souhaitait la présence de tous les pays de la région, y compris l'Iran, ainsi que les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.

Cette conférence s'organise alors que Washington, engagé depuis début août dans des frappes pour stopper la progression de l'Etat islamique en Irak, tente désormais de monter une «coalition» pour d'éventuelles opérations en Syrie, autre face du même «cancer» que représente l'EI. Paris, qui n'a pas l'intention jusqu'à présent de participer à une «intervention» militaire - le chef de la diplomatie Laurent Fabius l'a répété jeudi sur twitter -, livre en revanche des armes aux combattants kurdes qui combattent l'Etat islamique dans le nord de l'Irak.

L'Ukraine et l'Afrique aussi évoqués

Reste à savoir comment gérer le versant syrien du dossier et la question qui se pose désormais aux Occidentaux: faut-il traiter avec le président honni Bachar al-Assad pour lutter contre l'EI? Ironie de l'histoire, il y a un an jour pour jour, dans son discours devant les ambassadeurs, François Hollande promettait de «punir», au côté des Américains, le régime syrien accusé d'avoir tué des centaines de personnes dans une attaque chimique dans la banlieue de Damas. Le président américain Barack Obama renonçait in extremis le 31 août et un an plus tard Paris en conçoit toujours de l'amertume, estimant même que la situation en Irak et en Syrie aujourd'hui résulte largement de cette inaction.

L'autre grande crise de l'année, le conflit en Ukraine, devait également être abordé par le président Hollande, engagé ces derniers mois avec la chancelière allemande Angela Merkel, en pointe sur le dossier, dans une intense «diplomatie du téléphone» pour tenter de convaincre le président russe Vladimir Poutine d'apaiser la situation. Le président Hollande devait aussi faire le bilan et vanter son action en Afrique, où la France intervient militairement en République centrafricaine et au Mali.

Le discours de politique étrangère du chef de l'Etat intervient dans un contexte intérieur tendu, deux jours après un remaniement ministériel provoqué par la contestation au sein même du gouvernement de la ligne économique définie par le Président.