VIDEO. Tsunami: Un sismographe japonais retrouvé sur les côtes canadiennes pourrait éclairer les chercheurs

JAPON L’appareil, récupéré le mois dernier au large de l’archipel canadien de Haida Gwaii, avait été mis en place au fond de l’océan juste avant le tsunami de mars 2011…

Mathias Cena

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La «station sismologique sous-marine» japonaise qui a dérivé à travers l'Océan pacifique jusqu'au Canada.
La «station sismologique sous-marine» japonaise qui a dérivé à travers l'Océan pacifique jusqu'au Canada. — Tomoaki Yamada/Institut de recherche sismologique

De notre correspondant à Tokyo

Depuis quelques mois, les habitants des îles au large de la Colombie-Britannique, sur la côte ouest du Canada, se sont habitués à la vue de débris du tsunami de 2011, charriés depuis le Japon par les vents et les courants depuis le début de l’été. Mais l'objet orange et brillant en partie recouvert de coquillages qu'a découvert le mois dernier un homme qui pêchait en bateau avec sa famille près de l'archipel d'Haida Gwaii, parmi les palettes en plastique et les caisses en polystyrène, intéresse les scientifiques japonais au point de les inciter à faire le voyage.


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L’appareil, facilement indentifiable grâce à de larges inscriptions sur sa coque, est un sismographe sous-marin japonais, mis en place au fond de l’océan début 2011, peu avant le tsunami qui a ravagé les côtes du nord-est de l’archipel nippon. Il est l’une des 40 «stations sismologiques sous-marines» (OBS) installées par l’Institut de recherche sismologique de l’Université de Tokyo pour étudier les tremblements de terre. Seules trois, en comptant celle-ci, n’avaient pas été récupérées.

«J’ai été extrêmement surpris en apprenant qu'il avait été découvert au Canada», explique à 20 Minutes le Professeur Masanao Shinohara, chercheur à l’Institut. C’est la première fois qu’un sismographe atteint un autre continent!». En octobre 2011, les chercheurs étaient entrés en contact avec l’appareil de 120kg (dont 40kg de lest), qui reposait par 2.000 mètres de fond, lui envoyant par ondes acoustiques l’ordre de remonter à la surface.

«L’OBS a répondu, mais n’est pas remonté. Nous avons donc provisoirement abandonné, précise le Pr. Shinohara. Il a probablement fini par remonter tout seul à la surface il y a deux ou trois mois avant de dériver vers le Canada». La semaine dernière, l’Institut de recherche sismologique a dépêché sur place un scientifique pour évaluer l’état de l’OBS avant de le rapatrier au Japon.

D’après les premières constatations, l’appareil, qui vaut «entre 100.000 et 150.000 dollars» (75.000 à 110.000 euros), semble être en bon état. Le chercheur explique que les données extraites de l’appareil pourraient, en conjonction avec celles déjà récupérées, permettre de «comprendre plus précisément comment la rupture s’est produite au large de la côte de Miyagi, et comment l’onde s’est propagée, ainsi que la répartition des répliques du tremblement de terre». Au terme d'un périple en mer d'au moins 7.000 km, l'instrument voyageur est actuellement en route vers le Japon... par bateau.