La police craint une troisième nuit d'émeutes à Copenhague

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Nuit d'émeute à copenhague le 02 mars 07.
Nuit d'émeute à copenhague le 02 mars 07. — no credit
Copenague sous tension. Samedi soir, la police craignait de nouveaux troubles dans la capitale danoise, après les deux nuits d'émeutes qui ont opposé des Autonomes d'extrême gauche aux forces de l'ordre.
 
Une nouvelle manifestation qui a rassemblé  environ 2.000 personnes de tous âges
samedi après-midi s'est toutefois déroulée sans incident, et la situation était calme en début de soirée.

600 interpellations

Barricades, voitures incendiées et cocktail molotov, Copenhague a connu vendredi sa deuxième nuit d’émeutes. «Nous avons interpellé dans la nuit 188 personnes, et quelque 90 autres ce matin (samedi), portant le total des jeunes interpellés à environ 600 depuis jeudi», précise la police.

Les forces de l'ordre sont intervenues vers une heure du matin pour disperser avec des gaz lacrymogènes environ un millier de jeunes dans le quartier de Noerrebro, qui, comme la nuit précédente ont commencé à jeter des pavés et des cocktail-molotov sur les policiers.

L’évacuation d’une maison de jeunes marginaux à l’origine des événements

Le noyau dur des manifestants, des Autonomes d'extrême gauche, vêtus de noir, et le visage couvert, se sont dispersés dans les rues, érigeant des barricades et incendiant plusieurs voitures. Les troubles, qui se sont poursuivis jusqu'à l'aube, se sont étendus au quartier de Christianshavn.

Les émeutes ont débuté jeudi suite à l'évacuation forcée d'une maison de jeunes marginaux du quartier, foyer de la culture «underground» danoise, qui a notamment accueilli la chanteuse Bjork par le passé. Mais ses nouveaux propriétaires, une communauté religieuse fondamentaliste, non reconnue par l'Eglise officielle, avaient obtenu en août 2006 une ordonnance d'expulsion de ses occupants.

Nouvelles manifestations prévues samedi

Les autorités craignent une nouvelle journée et nuit de violences. Deux manifestations sont prévues en début d'après-midi, qui risquent de dégénérer, augmentant l'inquiétude des habitants de Copenhague.

«Guerre de rues», «Nuit de la haine», «Guerre sauvage entre les jeunes et la police», les titres de la presse danoise reflètent l'atmosphère de ses affrontements qui rappellent les émeutes sanglantes de mai 1993, dans ce même quartier de Noerrebro, après le «oui» au référendum du traité de Maastricht.