Ukraine: Kiev dénonce le franchissement de la frontière russe par des blindés

CRISE Les soldats ukrainiens et les rebelles pro-russes se livrent toujours des combats acharnés près de Donetsk...

N.Beu. avec AFP
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Un homme ouvre la grille du poste de douane au convoi de camions transportant de l'aide humanitaire le 22 août 20 à Izvarino à la frontière russo-ukrainienne
Un homme ouvre la grille du poste de douane au convoi de camions transportant de l'aide humanitaire le 22 août 20 à Izvarino à la frontière russo-ukrainienne — Sergey Venyavsky AFP

Les rebelles prorusses de l'est de l'Ukraine ont affirmé lundi avoir lancé leurs forces dans une grande contre-offensive face aux troupes gouvernementales. Kiev dénonce par ailleurs le franchissement de la frontière russe par des blindés et des chars, avec lesquels des combats sont en cours.

Le «Premier ministre» séparatiste de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a affirmé dimanche que les rebelles avaient lancé la veille une grande contre-offensive au sud de leur bastion, cerné par les forces ukrainiennes depuis un mois. «Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas libéré la terre de la République populaire de Donetsk» autoproclamée par les séparatistes, avait lancé Zakhartchenko. L'état-major de l'opération militaire menée par Kiev dans l'Est a de son côté reconnu lundi une «augmentation de l'action de l'ennemi», mais il affirme que les forces ukrainiennes «continuent de tenir les positions occupées» et ont infligé des «pertes importantes» aux insurgés.

Nouveau convoi russe

A Donetsk, bastion rebelle assiégé par l'armée ukrainienne, la nuit a été relativement calme après les intenses bombardements du week-end. Des combats se déroulaient au sud de la ville lundi matin, des colonnes de fumée s'élevant au-dessus de la campagne, alors que de sourdes détonations étaient entendues, ont rapporté des journalistes de l'AFP. La petite ville d'Olenivka, au sud du bastion insurgé, est l'un des enjeux de la bataille, selon les rebelles.

A l'ouest de Donetsk, des obus sont tombés sur la route qui se dirige vers Marïnka, que les autorités ukrainiennes avaient annoncé avoir repris il y a quelques jours. Les autorités séparatistes de Lougansk, autre bastion prorusse dans l'Est, avaient pour leur part annoncé samedi avoir lancé une attaque sur les villes de Severodonetsk (75 km au nord-ouest de Lougansk) et Debaltseve (58 km au nord-est de Donetsk). Les autorités ukrainiennes avaient démenti ces informations, accusant les rebelles de «vouloir gâcher la célébration des 23 ans de l'indépendance de l'Ukraine» en répandant de «fausses informations».

De son côté, Moscou va envoyer un deuxième convoi humanitaire et en a informé Kiev, a annoncé lundi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, quelques jours après l'entrée sur le territoire ukrainien d'un premier convoi controversé. «Nous avons envoyé hier [dimanche] une note officielle au ministère ukrainien des Affaires étrangères indiquant notre intention d'envoyer un nouveau convoi humanitaire», a dit le ministre lors d'une conférence de presse. Une annonce qui coïncide avec celle faite par Kiev, selon laquelle l'armée ukrainienne combat actuellement une colonne de dizaines de blindés et de chars qui a traversé la frontière russe. «La frontière ukrainienne a été violée par une colonne de plusieurs dizaines de tanks et de véhicules blindés», qui sont entrés sur le territoire près de la ville industrielle de Marioupol, a indiqué à l'AFP le porte-parole militaire ukrainien Léonid Matioukhine. «La colonne a été arrêtée par les gardes-frontières. (...) La bataille est en cours», a-t-il ajouté.