Assassinat de James Foley: La police sur les traces d’un ancien rappeur londonien devenu djihadiste

SYRIE D’importants moyens ont été mobilisés pour identifier l’homme que l’on voit décapiter le journaliste américain dans une vidéo…

N.Beu.

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L'ancien rappeur Abdel-Majed Abdel Bary, suspecté d'avoir décapité en Syrie le journaliste James Foley, dans une vidéo publiée le 14 juillet 2012 sur YouTube.
L'ancien rappeur Abdel-Majed Abdel Bary, suspecté d'avoir décapité en Syrie le journaliste James Foley, dans une vidéo publiée le 14 juillet 2012 sur YouTube. — SBTV / YOUTUBE

Quelques jours après l’assassinat du journaliste James Foley, la police britannique est sur la piste d’un suspect. Selon The Independent, qui tient cette information des services de renseignement, il s’agirait d’Abdel-Majed Abdel Bary, un ancien rappeur londonien.

Le djihadiste cagoulé à l’accent anglais que l’on voit décapiter le journaliste américain sur une vidéo de l’Etat islamique (EI) pourrait donc bel et bien être un Britannique, connu de ses compatriotes qui plus est. Se faisant appeler L Jinny ou Lyricist, il avait connu le succès outre-Manche ces dernières années, au point de voir certaines de ses chansons jouées sur la radio publique BBC en 2012. Soit un an avant son départ pour la Syrie, en juillet 2013.

Fils d’un lieutenant de Ben Laden

Le jeune homme, âgé de 24 ans, avait refait parler de lui en mars, lorsqu’il avait déclaré sur son compte Twitter, suspendu depuis, avoir été kidnappé et torturé par l’Armée syrienne. Puis le 15 août, en publiant sur son compte Twitter une photo sur laquelle il brandissait une tête tranchée, légendée «Moi et mon pote, ou ce qu’il en reste».

Fils d’un ancien lieutenant égyptien d’Oussama Ben Laden extradé vers les Etats-Unis en 2012, Abdel-Majed Abdel Bary est un proche d’Abu Abdullah al-Britani, un autre djihadiste venu de Grande-Bretagne. Les deux hommes ont d’ailleurs été repérés en train d’offrir leurs services et conseils à des apprentis djihadistes sur Internet plus tôt cette année, rappelle The Independent.

Un faux bourreau juste pour l’image?

Pour identifier le suspect de l’assassinat de James Foley, la police britannique a mobilisé quantité d’hommes et d’outils. «Nous mettons beaucoup de moyens (dans cette opération), nous disposons de technologies sophistiquées, comme l’identification vocale notamment, que les gens peuvent utiliser pour vérifier qui sont ces personnes», a ainsi indiqué sur CNN l’ambassadeur de Grande-Bretagne aux Etats-Unis, Peter Westmacott.

Un expert du son qui a comparé la vidéo de la décapitation de Foley et les chansons de Bary a ainsi indiqué à The Independent que les deux voix présentaient de «grandes similitudes». Les enquêteurs s’intéressent également aux mains du suspect, qui ne porte pas de gants sur les images. En cartographiant ses veines, ils espèrent pouvoir parvenir à une identification parfaite du bourreau, une méthode déjà utilisée pour confondre l’assassin du journaliste américain Daniel Pearl, tué au Pakistan en 2002.

Toutefois, prévient The Times, il est difficile d’avoir la certitude que Bary, même s’il est bien l’homme sur la vidéo, a tué lui-même Foley. Un expert contacté par le journal affirme ainsi que l’exécution réelle «pourrait avoir eu lieu après l’arrêt de la caméra». La présence de Bary à l’image s’expliquerait par le fait que les djihadistes avaient besoin d’un Britannique pour s’adresser à une audience anglophone.