Un collectif libanais secoue les communautés

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Une marée humaine, venue de tout le Liban, a envahi mercredi le centre de Beyrouth en état de siège pour marquer le deuxième anniversaire de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, dans un climat de tension accrue au lendemain d'un attentat meurtrier.
Une marée humaine, venue de tout le Liban, a envahi mercredi le centre de Beyrouth en état de siège pour marquer le deuxième anniversaire de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, dans un climat de tension accrue au lendemain d'un attentat meurtrier. — Marwan Naamani AFP

Parking réservé aux chrétiens maronites, moque l'affiche avant de proclamer : « Attention le confessionnalisme nuit gravement à votre citoyenneté ». Signée 05Amam, cette campagne a pour objectif de caricaturer le communautarisme. Ces derniers mois, les tensions confessionnelles n'ont jamais été aussi vives au Liban. Depuis les affrontements du 25 janvier entre chiites et sunnites, des blindés de l'armée se sont installés dans les zones mixtes de la capitale. Et sur le marché noir, le trafic d'armes irait bon train. Le collectif 05Amam a donc du pain sur la planche.Derrière ce sigle anonyme, une bande de trentenaires. L'un de leurs chefs de file, Asma Andraos, est une jeune femme dynamique et, jusque-là, apolitique. Elle a plongé dans le grand bain après l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005. Depuis, elle tente de faire avancer l'idée que le Liban doit devenir un Etat non confessionnel « où le sens de la citoyenneté l'emporte sur le féodalisme ». Sa volonté d'agir l'a propulsée conseillère à la communication auprès du cabinet de Fouad Siniora. Mais les difficultés sont toujours là. « Je suis triste de voir où nous en sommes revenus », avoue-t-elle en pensant aux récentes émeutes. « Mais nous devons refaire un pacte national, pour et par les Libanais. » Le soir de la Saint-Sylvestre, Asma a organisé un méga-concert à Beyrouth, avec un autre collectif... J'aime la Vie. A Beyrouth,


David Hury