Décapitation d'un journaliste américain: Paris dénonce «une barbarie»

ASSASSINAT Le porte-parole du gouvernement et le chef de la diplomatie ont qualifié de «barbarie» la décapitation du journaliste américain par les djihadistes de l’Etat islamique (EI)…

A.B.

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Photographie du journaliste américain James Foley prise le 5 novembre 2012 à Alep, en Syrie, et enlevé près d'Idlib le 22 novembre 2013.
Photographie du journaliste américain James Foley prise le 5 novembre 2012 à Alep, en Syrie, et enlevé près d'Idlib le 22 novembre 2013. — AFP PHOTO / NICOLE TUNG RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO/HO/NICOLE TUNG

«C’est avec indignation que j’ai appris l’exécution du journaliste américain James Foley, enlevé en Syrie par l’Etat islamique», a commenté le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Le «califat de la barbarie»

«S’il était confirmé, cet assassinat ignoble confirmerait le vrai visage de ce «califat de la barbarie», a ajouté le chef de la diplomatie française. Il appelle la condamnation la plus ferme de la communauté internationale et renforce notre détermination à lutter contre l’Etat.»

Une position réaffirmée par le porte-parole du gouvernement. «On a affaire à une barbarie qui utilise la peur et la menace. On doit tout faire pour se mobiliser, c’est l’objectif et la démarche française à l’échelle européenne et à l’échelle internationale», a déclaré Stéphane Le Foll à l’issue du Conseil des ministres de rentrée, où la situation internationale a été longuement évoquée.

«C’est une version extrême, sanglante et abominable de l’industrie de la prise d’otages», a déploré Christophe Deloire, président de Reporters Sans Frontières.

«Aucune impunité»

«Plus que jamais, la France est engagée en faveur du droit des journalistes à travailler en toute sécurité. Aucune forme d’impunité ne saurait exister pour les auteurs de ces actes barbares», a déclaré Laurent Fabius, avant d’adresser ses pensées à la famille de James Foley, «en particulier à sa mère Diane Foley que nous avions reçue en avril dernier au Quai d’Orsay». La mère du journaliste a de son côté imploré «les ravisseurs d’épargner la vie des autres otages. Comme Jim, ils sont innocents. Ils n’ont aucun pouvoir sur la politique du gouvernement américain en Irak, en Syrie ou ailleurs dans le monde».

«Un meurtre choquant et pervers»

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a interrompu mercredi ses vacances pour présider une série de réunions d’urgence après l’annonce de l’exécution sommaire par l’Etat islamique (EI) du journaliste américain James Foley. «Si c’est vrai, le meurtre de James Foley est choquant et pervers. Je vais présider aujourd’hui des réunions sur la situation en Irak et en Syrie», a écrit le Premier ministre sur son compte officiel Twitter. L’occasion de faire un point sur «la menace posée par les terroristes de l’EI».

Le chef de la diplomatie anglaise, Philip Hammond, avait exprimé plus tôt mercredi son sentiment d'«horreur absolue» après la diffusion sur l’internet d’une vidéo de l’EI qui semble montrer «l’exécution brutale» par décapitation du journaliste américain James Foley. «C’est un exemple de plus de la panoplie de brutalité de cette organisation», a-t-il ajouté.