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SCANDALE«Usine à bébés» en Thaïlande: L'homme au coeur du scandale est le fils d'un milliardaire japonais

«Usine à bébés» en Thaïlande: L'homme au coeur du scandale est le fils d'un milliardaire japonais

SCANDALEL'homme, identifié par la presse japonaise comme étant Mitsutoki Shigeta, est soupçonné d'avoir eu une dizaine d'enfants avec des mères porteuses en Thaïlande, dans un projet d'enfantement en série..
Le commandant de police Naiyawat Phadermchit s'adresse aux médias devant le commissariat de Lat Phrao à Bangkok, le 19 août 2014.
Le commandant de police Naiyawat Phadermchit s'adresse aux médias devant le commissariat de Lat Phrao à Bangkok, le 19 août 2014. - AFP PHOTO/ Nicolas ASFOURI
Bérénice Dubuc

B.D. avec AFP

La police thaïlandaise examinait ce mardi un échantillon d'ADN d'un riche héritier japonais soupçonné d'avoir eu une dizaine d'enfants avec des mères porteuses en Thaïlande, dans un projet d'enfantement en série. «Nous vous tiendrons informés quand nous aurons les résultats des tests ADN» transmis par la police scientifique, a déclaré le commandant de police Naiyawat Phadermchit.

Le Japonais n'a pu être entendu par les enquêteurs, étant reparti au Japon. La veille, son avocat en Thaïlande, Kong Suriyamontol, avait remis l'échantillon, «prélevé au Japon avec les autorités compétentes», a-t-il assuré. Ce Japonais de 24 ans est le fils aîné d'un milliardaire nippon du monde des télécoms, a rapporté la presse ce mardi.

Son père, le 11e Japonais le plus fortuné

Ses mésaventures ont fait chuter à la Bourse de Tokyo l'action de l'entreprise fondée et présidée par son père: le titre de la société Hikari Tsushin, qui gère un réseau de vente de téléphones portables à travers le Japon depuis 1994, ne valait plus que 6.740 yens ce mardi en clôture, contre 7.610 yens le 7 août, soit un recul de 11,4%.

L'homme a été identifié par l'hebdomadaire Shukan Post comme étant Mitsutoki Shigeta, mais depuis plus d'une semaine circulaient des rumeurs insistantes sur les forums Internet en japonais, accompagnées d'une photo de l'individu, apparemment prise au contrôle d'immigration d'un aéroport, et d'une copie de son passeport.

Son père, Yasumitsu Shigeta, 49 ans, s'est classé par le passé au 5e rang des hommes les plus riches du monde avec des biens estimés à 25 milliards de dollars, en incluant ses actions dans Hikari Tsushin. Il est encore aujourd'hui le 11e Japonais le plus fortuné, selon le magazine Forbes.

Scandale

Mitsutoki, qui a deux frères plus jeunes, détient lui aussi des actions de l'entreprise familiale pour une valeur de 4,8 milliards de yens (34 millions d'euros) et pourrait même en prendre la tête, croit savoir le magazine japonais. Outre des téléphones portables, Hikari Tsushin vend aussi des appareils bureautiques aux entreprises ainsi que des services de télécommunications et prestations d'assurance.

Contactée par l'AFP, une porte-parole de Hikari Tsushin s'est refusée à tout commentaire, se bornant à déclarer que l'homme en question n'est «ni un employé ni un dirigeant» de la société. La police thaïlandaise enquête sur Mitsutoki Shigeta depuis la découverte début août dans un appartement de Bangkok de neuf bébés présumés nés de mères porteuses, un scandale qui a fait les gros titres de la presse au Japon.

Les neufs bébés vivaient dans un même immeuble avec neuf femmes. Une dixième, enceinte, a ensuite indiqué être une mère porteuse. De nombreux couples étrangers venaient jusqu'ici en Thaïlande pour utiliser les services de cliniques de fécondation in vitro et des mères porteuses, même si les autorités insistent désormais sur le fait que la gestation pour autrui contre de l'argent n'est pas autorisée.

Une nouvelle loi en préparation devrait désormais punir de dix ans de prison les infractions à l'interdiction de gestation pour autrui à dimension commerciale. Ce «business» des mères porteuses en Thaïlande a été mis sur le devant de la scène avec un récent scandale suscité cet été par un couple d'Australiens accusé d'avoir abandonné leur bébé trisomique à sa mère porteuse thaïlandaise.

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