Ukraine: Le convoi russe est toujours bloqué à la frontière

UKRAINE Les combats continuent...

20 Minutes avec AFP
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Un convoi humanitaire russe soupçonné par l'Ukraine et les Occidentaux de servir de couverture à une intervention russe, à 28km de la frontière ukrainienne, le 14 août 2014.
Un convoi humanitaire russe soupçonné par l'Ukraine et les Occidentaux de servir de couverture à une intervention russe, à 28km de la frontière ukrainienne, le 14 août 2014. — Pavel Golovkin/AP/SIPA

Le convoi d'aide humanitaire russe était toujours bloqué samedi à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne, en attente d'être inspecté, alors que le chef des insurgés du bastion prorusse de Donetsk a accusé Kiev de retarder délibérément les camions.

Le fief rebelle de Donetsk, assiégé par l'armée ukrainienne, «est dans une situation humanitaire très préoccupante et l'aide que la Russie nous envoie et que nous n'avons toujours pas reçue, nous en avons besoin comme de l'oxygène», a déclaré Alexandre Zakhartchenko, le «Premier ministre» séparatiste.

«Ce n'est pas seulement l'armée ukrainienne qui ne veut pas que l'aide humanitaire nous parvienne et empêche qu'elle nous parvienne. En réalité, (...) le gouvernement ukrainien l'en empêche avec tous les obstacles possibles, légaux ou autres», a-t-il affirmé.

1.800 tonnes d'aide humanitaire selon Moscou

Les quelques 300 camions russes, porteurs de 1.800 tonnes d'aide humanitaire selon Moscou, étaient toujours stationnés samedi matin à une trentaine de kilomètres du poste-frontière de Donetsk en Russie, dans la localité de Kamensk-Chakhtinski, ce qui signifie qu'ils n'ont pas bougé d'un pouce depuis jeudi.

Les gardes-frontières et douaniers ukrainiens arrivés en territoire russes n'avaient toujours pas commencé leur inspection, attendant des documents de la part de la Croix-Rouge qui doit se charger de la distribution de l'aide aux bastions rebelles.

Un responsable du ministère russe des Situations d'urgence a déclaré que Moscou avait envoyé aux douanes ukrainiennes une déclaration concernant le contenu des camions. Le représentant de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) sur place, Paul Picard, a de son côté expliqué qu'une réunion entre les services de douane russes et les représentants ukrainiens avait eu lieu samedi matin, sans donner plus de précisions.

La Croix-Rouge, qui n'a pas participé à la réunion, a confirmé n'avoir toujours mené aucune inspection sur les camions russes, attendant un accord entre les deux parties. A Donetsk, où les combats se sont rapprochés du centre-ville ces derniers jours, une journaliste de l'AFP a entendu d'intenses tirs d'artillerie dans la nuit et des explosions près des quartiers du nord-est de la ville.

Plusieurs dizains de civils ont été tués

A Lougansk, encerclée et assiégée par l'armée ukrainienne, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a évoqué samedi une situation humanitaire «très difficile» alors que la ville n'a plus d'eau, d'électricité et de réseau téléphonique depuis deux semaines. Selon les autorités locales, d'intenses bombardements ont eu lieu dans la nuit, à la suite desquels plusieurs incendies se sont déclarés dans la ville.

L'ONG a également dénoncé l'utilisation par les deux camps d'armes lourdes dans des zones habitées, qui ont provoqué la mort de plusieurs dizaines de civils au cours des derniers jours. Washington avait déjà exhorté jeudi Kiev à la «retenue» afin de réduire le nombre de victimes parmi la population.

Moscou a pour sa part accusé Kiev, qui a envoyé ses propres camions chargés d'aide dans l'Est, de vouloir saboter son opération humanitaire. «L'intensification brutale des opérations militaires» ukrainiennes dans la zone que doit emprunter le convoi russe «a de toute évidence pour but de couper l'itinéraire convenu avec Kiev», a affirmé la diplomatie russe.