Le convoi humanitaire russe inspecté par les Ukrainiens à la frontière

CONFLIT La cargaison se dirigera ensuite vers Lougansk, bastion des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, selon un porte-parole militaire ukrainien...

B.D. avec AFP
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Un hélicoptère survole le convoi humanitaire russe près de Kamensk-Shakhtinsky le 14 août 2014
Un hélicoptère survole le convoi humanitaire russe près de Kamensk-Shakhtinsky le 14 août 2014 — Andrey Kronberg AFP

L'Ukraine a commencé ce vendredi à inspecter un convoi humanitaire russe controversé de près de 300 camions, destiné aux populations de l'Est du pays, au niveau d'un poste-frontière russe situé dans une zone où la Russie multiplie manoeuvres et mouvements de blindés.

«L'inspection a commencé à 10h (9h à Paris) au poste-frontière Donetsk (Russie). Du côté ukrainien y participent 59 représentants -41 gardes-frontières et 18 douaniers. La cargaison se dirigera ensuite vers Lougansk», bastion des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, a indiqué un porte-parole militaire ukrainien, Léonid Matioukhine.

Convoi problématique

Des journalistes de l'AFP, présents dans la localité de Kamensk-Chakhtinski, où était stationné le convoi depuis jeudi soir à une trentaine de kilomètres du poste-frontière de Donetsk, ont cependant observé la présence de camions appartenant au convoi, toujours stationnés dans cette localité au même moment.

Accompagnés de représentants du ministère russe des Situations d'urgence, ils ont pu ouvrir une dizaine d'entre eux et observé la présence de sacs de farines, de sucres, et de bouteilles d'eau. L'acheminement du convoi a été problématique depuis son départ mardi d'une base militaire aux environs de Moscou, l'Ukraine et de nombreux pays occidentaux le soupçonnant de servir de couverture à une intervention russe.

Responsabilité russe

Un scenario qualifié «d'absurde» par la Russie. Après des tergiversations, Kiev a finalement accepté le passage de la colonne russe, chargée, selon Moscou, de plus de 1.800 tonnes d'aliments et de médicaments, via le territoire dans l'Est rebelle qu'il ne contrôle pas. Le ministère des Affaires étrangères ukrainien a souligné vendredi que la Russie serait dès lors seule responsable de sa sécurité.

«La Russie porte toute la responsabilité pour que les terroristes qui contrôlent certains districts dans la région de Lougansk ne se livrent à des provocations (...) contre le personnel de la Croix-Rouge, en charge de la distribution de l'aide», a-t-il déclaré.

Le président russe Vladimir Poutine doit recevoir vendredi à Sotchi son homologue finlandais Sauli Niinistö pour discuter de la crise ukrainienne, alors que la Finlande est l'un des pays européens les plus menacés par l'aggravation du conflit entre Moscou et les Occidentaux.