Le pape François en Corée du Sud, quinze ans après Jean-Paul II

RELIGION Le pape doit lancer un message de Séoul pour tenter d'aider au rapprochement entre le sud capitaliste et le nord communiste séparés depuis 1953...

20 Minutes avec AFP

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Le Pape François à son arrivée à Séoul le 14 aout 2014, première visite papale en Asie depuis 15 ans
Le Pape François à son arrivée à Séoul le 14 aout 2014, première visite papale en Asie depuis 15 ans — Vincenzo Pinto AFP

Le pape François est arrivé jeudi à Séoul pour la première visite papale en Asie depuis 15 ans, avec pour objectif de renforcer le développement du catholicisme sur le continent et plaider pour la réconciliation intercoréenne.

Après avoir survolé la Chine, l'Airbus A330 «Michelangelo Buonarotti» d'Alitalia a atterri à 10H15 locales (01H15 GMT) à l'aéroport Incheon, accueilli sur le tapis rouge par la présidente Park Geun-Hye et des écoliers qui lui ont offert des fleurs.

Aider au rapprochement entre le sud capitaliste et le nord communiste

Le souverain pontife s'est ensuite engouffré dans une petite voiture noire, souriant et saluant de la main la foule nombreuse massée au bord des routes.

Presque au même moment, la Corée du Nord tirait en mer trois missiles de courte portée, un moyen régulièrement utilisé par le régime pour manifester son mécontentement et menacer Séoul ainsi que ses alliés.

Le pape doit lancer un message de Séoul, non loin du 38e parallèle sur lequel a été tracée la frontière entre les deux Corée, pour tenter d'aider au rapprochement entre le sud capitaliste et le nord communiste séparés depuis 1953.

Pyongyang interdit à ses chrétiens de rencontrer François

Il célèbrera une «messe pour la paix et la réconciliation» sur la péninsule coréenne en la cathédrale de Myeong-dong à Séoul, le 18 août, au cinquième et dernier jour de sa visite en Corée du Sud.

Les autorités de Pyongyang, qui ont refusé que des catholiques nord-coréens viennent rencontrer le pape, garantissent en principe la liberté de culte, inscrite dans la Constitution. Mais selon l'ONU, les chrétiens pratiquant leur foi en dehors des associations officielles s'exposent à des persécutions.

Les trois objectifs du périple ont été énoncés par le Saint-Siège: le premier est un message pour l'évangélisation de l'Asie (où les catholiques représentent 3,2% mais croissent régulièrement) adressé à plusieurs milliers de jeunes venus de 23 pays, pour une mini-JMJ (Journée de la jeunesse catholique) du continent. Nul doute que les catholiques chinois seront au cœur de la pensée du pape.

Le pape prononcera onze discours

Le pape François vient «s'adresser à tous les pays du continent», apportant un message pour «l'avenir de l'Asie», a déclaré le numéro deux du Vatican, le secrétaire d'Etat Pietro Parolin, dans une interview télévisée. La dernière visite d'un pape en Asie remonte à celle de Jean-Paul II en Inde en 1999.

La béatification à la porte de Gwanghwamun à Séoul de Paul Yun Ji-chung et 123 autres martyrs des débuts du christianisme en Corée est le deuxième objectif du voyage papal.

Le pape prononcera onze discours, en italien et en anglais. Les grandes étapes seront le vendredi, jour de l'Assomption et de la fête nationale, célébrés avec une messe dans le World Cup Stadium de Daejeon, en présence notamment de proches des victimes de la catastrophe du ferry Sewol (293 morts en avril dernier).

Le samedi, plusieurs centaines de milliers de fidèles sont attendus à la béatification des 124 martyrs à Séoul. Le dimanche il rencontrera au «sanctuaire du martyr inconnu» de Haemi les évêques de toute l'Asie, moment pour délivrer un message au continent.