Comment la France s’engage-t-elle aux côtés des Irakiens?

CONFLIT Aide humanitaire, livraison d’armes, diplomatie… La France soutient de plusieurs façons le pays confronté à l’offensive des djihadistes de l’Etat islamique…

Bérénice Dubuc

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Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius (g) et le président du Kurdistan irakien Massoud Barzani lors d'une conférence de presse conjointe, le 10 août 2014 à Erbil
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius (g) et le président du Kurdistan irakien Massoud Barzani lors d'une conférence de presse conjointe, le 10 août 2014 à Erbil — Safin Hamed AFP

Alors que l’Etat islamique (EI) poursuit son offensive depuis plus de deux mois dans le nord de l’Irak et que de nombreuses populations civiles sont menacées, la France s’est engagée aux côtés de Bagdad. 20 Minutes vous explique comment.

Comment la France vient-elle en aide aux Irakiens?

Pour l’heure, la réponse de la France est uniquement humanitaire. Dimanche, la première livraison d’aide humanitaire française -18 tonnes de produits de première nécessité (médicaments, pompes à eau, réservoirs, tentes, couvertures, kits de cuisine)- ont ainsi été livrés à Erbil (Kurdistan irakien) aux déplacés de Sinjar, bastion des Yazidis tombé aux mains des djihadistes de l’Etat islamique. Ces premières livraisons françaises doivent «répondre dans l’urgence aux besoins élémentaires des déplacés», a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont, eux aussi, procédé à des largages de vivres.

Paris prévoit-il d’intervenir militairement?

Alors que les Etats-Unis mènent depuis quatre jours des frappes aériennes contre les positions des djihadistes, Laurent Fabius a martelé que Paris n’interviendrait pas militairement en Irak sans feu vert du Conseil de sécurité des Nations unies et en l’absence de menace directe sur des ressortissants français. «C’est aux Irakiens de mener ce combat», a dit le ministre dimanche lors de sa visite dans la région autonome du Kurdistan irakien.

D’autres formes d’appui sont-elles envisagées?

Dès jeudi, François Hollande avait assuré au président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, qu’il était déterminé à mobiliser la communauté internationale et en particulier l’Union européenne pour répondre aux besoins des déplacés. Les deux hommes avaient exprimé leur volonté commune de coopérer pour bloquer l’offensive djihadiste.

Dimanche, Laurent Fabius a indiqué sur France 2 que Paris, en liaison avec les autres membres de l’UE, allait examiner «dans les jours qui viennent» la possibilité de livrer «de manière sûre» des armes aux Kurdes et aux Irakiens, l’Etat islamique ayant à sa disposition «des armes très sophistiquées». Le département d’Etat américain a de son côté annoncé ce lundi que des livraisons d’armes étaient faites depuis la semaine dernière aux peshmergas kurdes.

Qu’en est-il du côté de la diplomatie?

La France, tout comme le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ou le président américain Barack Obama, appelle à la formation au plus vite d’un gouvernement d’union pour faire face aux insurgés sunnites. Ce lundi, plus de trois mois après les élections législatives du 30 avril, le président irakien Fouad Massoum a chargé Haïdar al-Abadi de former un gouvernement dans les 30 jours, laissant espérer un dénouement politique de la situation.

Mais le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki, vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginaliser les sunnites, a annoncé son intention de porter plainte contre Fouad Massoum, l’accusant d’avoir violé la Constitution notamment en ne confiant pas à un Premier ministre la formation d’un nouveau gouvernement.