Egypte: La justice dissout la branche politique des Frères musulmans

MONDE Le Parti Liberté et Justice avait été déclaré «organisation terroriste» en 2013… 

20 Minutes avec AFP
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Des partisans des Frères musulmans manifestent au Caire, un an jour pour jour après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, le 3 juillet 2014
Des partisans des Frères musulmans manifestent au Caire, un an jour pour jour après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, le 3 juillet 2014 — Khaled Kamel AFP

La plus haute Cour administrative d'Egypte a prononcé ce samedi la dissolution du Parti Liberté et Justice, la branche politique de la confrérie des Frères musulmans, déclarée «organisation terroriste» en 2013 après la destitution par l'armée du président issu de ses rangs, Mohamed Morsi.

Avant la destitution et l'arrestation de M. Morsi, Liberté et Justice avait remporté toutes les élections depuis sa création en 2011 au lendemain de la révolte populaire ayant chassé du pouvoir Hosni Moubarak. Depuis, le nouveau pouvoir réprime dans un bain de sang les Frères musulmans.

Une décision non susceptible d'appel

La Cour administrative suprême a «dissout le parti Liberté et Justice parce qu'il a violé la loi qui régit la vie des partis politiques», lit-on dans l'arrêt de la haute juridiction. Selon les médias gouvernementaux, cette décision de justice est finale et non susceptible d'appel.

Après que des millions d'Egyptiens furent descendus dans la rue pour réclamer son départ, M. Morsi a été déposé et arrêté le 3 juillet 2013 par le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, un an après sa victoire à la première élection présidentielle démocratique d'Egypte.

Répression de manifestations pro-Morsi

Un mois après, le nouveau pouvoir dirigé de facto par le général Sissi devenu maréchal, s'est lancé dans une impitoyable répression de toute manifestation pro-Morsi. Depuis, policiers et soldats ont tué plus de 1.400 manifestants pro-Morsi et emprisonné plus de 15.000 Frères musulmans ou sympathisants.

La quasi-totalité des cadres de la confrérie islamiste comme de Liberté et Justice sont emprisonnés et jugés -à l'instar de M. Morsi- dans divers procès pour lesquels ils encourent la peine de mort. Et, comme le guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, des centaines de Frères ont été condamnés à la peine capitale dans des procès de masse expéditifs dénoncés notamment par l'ONU.