VIDEO. Barack Obama autorise des frappes «ciblées» en Irak

IRAK Des dizaines de milliers de chrétiens et de Yazidis ont été poussés à fuir face à l'avancée des extrémistes sunnites...

20 Minutes avec AFP

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Charles Dharapak/AP/SIPA

Le président des Etats-Unis Barack Obama a annoncé jeudi qu'il avait autorisé des parachutages humanitaires en Irak et, si nécessaire, des frappes aériennes ciblées contre les jihadistes pour éviter un «génocide» des minorités menacées par l'Etat islamique.

Sur place, dans le nord de l'Irak, des dizaines de milliers de chrétiens et de Yazidis ont été poussés à fuir face à l'avancée des extrémistes sunnites. Les Yazidis, une communauté kurdophone pré-islamique considérée par les jihadistes comme «adoratrice du diable», se sont retrouvés piégés, sans eau ni nourriture, dans les montagnes désertiques environnantes.

«Si les jihadistes avancent vers Erbil, ils seront visés par les frappes»

«Nous pouvons agir, de façon responsable et prudente, pour éviter un éventuel acte de génocide», a dit Barack Obama lors d'une allocution solennelle depuis la Maison Blanche. Si les jihadistes avancent vers Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, ils seront visés par les frappes, a-t-il prévenu. Aucune frappe aérienne n'avait été effectuée jeudi, a précisé un responsable américain.

Pour venir en aide aux minorités menacées, ce même responsable américain a assuré que les Etats-Unis procèderaient à de nouveaux largages de vivres, après que le Pentagone a annoncé de premiers parachutages de nourriture et d'eau dans la soirée. «Nous sommes confrontés à une situation où des innocents pourraient être victimes de violences terribles. Les Etats-Unis ne peuvent détourner le regard», a lancé le président américain.

100.000 chrétiens poussés sur les routes

Mais deux ans et demi après le départ du dernier soldat américain d'Irak, Barack Obama a réaffirmé qu'il n'enverrait aucune troupe au sol dans le pays, «parce qu'il n'y a pas de solution militaire américaine à la crise» que connaît le pays depuis le début de l'offensive jihadiste début juin. Signe de la vaste mobilisation internationale, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit «scandalisé» par l'avancée des jihadistes, lors d'une réunion convoquée en urgence jeudi soir à New York.

Les 15 pays membres ont apporté leur soutien à Bagdad dans sa lutte contre l'Etat islamique et invité «la communauté internationale à soutenir le gouvernement et le peuple d'Irak et à faire tout ce qui est possible pour aider à soulager les souffrances de la population».

Selon le patriarche chaldéen Louis Sako, 100.000 chrétiens ont été poussés sur les routes «avec rien d'autre que leurs vêtements sur eux» après la prise de Qaraqosh et d'autres villes de la région de Mossoul (nord). A l'instar de Barack Obama, Mgr Sako a dit redouter un «génocide». A Rome, le pape François a lancé un appel urgent à la communauté internationale pour «protéger» les populations en fuite dans le nord de l'Irak. La France a déclaré être prête à «apporter un soutien aux forces engagées dans» le combat contre les jihadistes en Irak, sans en préciser la nature.