Cessez-le-feu à Gaza: Les Palestiniens font monter la tension

PROCHE-ORIENT Le bras armé du Hamas menace de reprendre les combats...

20 Minutes avec AFP

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Un Palestinien dans la bande Gaza, le 5 août 2014.
Un Palestinien dans la bande Gaza, le 5 août 2014. — MOHAMMED ABED / AFP

Les Palestiniens faisaient monter la tension ce jeudi soir en brandissant le spectre d'une reprise des combats dans les ultimes heures de discussions sur la prolongation du fragile cessez-le-feu en vigueur depuis mardi dans la bande de Gaza.

Israéliens et Palestiniens mènent au Caire avec l'entremise des Egyptiens des pourparlers indirects, intenses et extrêmement ardus pour que le cessez-le-feu censé expirer vendredi matin à 8h se transforme en trêve durable et ne cède pas le pas à une nouvelle effusion de sang.

«La fin véritable de l'agression»

Alors qu'un dangereux compte à rebours était lancé, la branche armée du Hamas, l'organisation islamiste qui contrôle la bande de Gaza, a pressé depuis Gaza la délégation palestinienne au Caire de «ne pas accepter de cessez-le-feu si elle n'obtient pas satisfaction sur les demandes de notre peuple», et s'est dite prête «à se lancer de nouveau dans la bataille».

Le porte-parole des brigades Al-Qassam, Abou Obaida, présente la possibilité de construire un port sur la Méditerranée comme la première des exigences de son organisation. Il réclame aussi «la fin véritable de l'agression (israélienne) et une vraie levée du siège».

Les brigades et la délégation au Caire «livrent la même bataille et se complètent l'un l'autre», a dit au Caire l'un des membres de la délégation, Izzat el-Rishq, un des dirigeants en exil du Hamas.

Les Israéliens accusés de temporiser

Des responsables du Hamas ont auparavant, mais sous couvert de l'anonymat, laissé filtrer les menaces sans qu'il soit possible d'apprécier si elles reflétaient la réalité de la négociation ou si elles relevaient de la manoeuvre publique.

«Si Israël continue de temporiser, nous ne prolongerons pas le cessez-le-feu», a déclaré un membre de la délégation palestinienne au Caire, sous couvert de l'anonymat.

Les Israéliens, eux, observaient la plus grande discrétion.

Navettes entre Israël et Le Caire

Soucieux de dicter leurs termes aux négociations et de ne pas paraître céder aux revendications du Hamas, ils ont pris les devants dès mercredi soir et ont annoncé accepter une prolongation illimitée du cessez-le-feu, sous réserve qu'elle ne soit assortie d'aucune condition.

Dans un signe apparent que les discussions indirectes n'étaient pas rompues, leur délégation envoyée au Caire est revenue au pays jeudi, sans doute pour prendre ses instructions, mais est repartie dans l'après-midi pour la capitale égyptienne, a dit un responsable.

Les Egyptiens devaient rencontrer les Palestiniens tard dans la soirée, avant que les Palestiniens ne se retrouvent entre eux dans la nuit pour prendre une décision, selon des informations receuillies au Caire.

« A l'heure actuelle, rien n'est sûr. D'un côté l'opinion publique à Gaza, dans la région, et la communauté internationale demandent au Hamas de ne pas quitter les négociations », a indiqué un responsable militaire israélien. « De l'autre, la branche militaire du Hamas a prévenu qu'elle pourrait recommencer à tirer des roquettes ».

L'armée israélienne, elle, a retiré ses troupes de Gaza, mais se tient prête le long de la frontière à répondre à toute reprise des combats.