Gaza: Aucun accord conclu pour parvenir à une trêve durable

PROCHE ORIENT Israël et l'organisation islamiste qui contrôle Gaza observent depuis mardi 8h un cessez-le-feu censé durer jusqu'à vendredi 8h...

20 Minutes avec AFP

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Des Palestiniens tentent de récupérer leurs biens dans les décombres d'un bâtiment à Rafah au deuxième jour du cessez-le-feu, le 6 août 2014.
Des Palestiniens tentent de récupérer leurs biens dans les décombres d'un bâtiment à Rafah au deuxième jour du cessez-le-feu, le 6 août 2014. — Ismael Mohamad/NEWSCOM/SIPA

Le cessez-le-feu à Gaza entre jeudi dans son troisième et dernier jour, Israël acceptant une prolongation sans conditions de cette pause des combats, mais le Hamas a affirmé qu'aucun accord n'avait été conclu lors des négociations menées au Caire pour parvenir à une trêve durable.

«Israël ne voit aucun problème à ce que le cessez-le-feu soit prolongé sans conditions», a dit un responsable sous couvert de l'anonymat, traduisant apparemment la volonté israélienne de dicter les termes de la négociation. Interrogé sur la durée de cette prolongation, il a précisé qu'elle pouvait être illimitée. «Il n'y a pas d'accord pour prolonger le cessez-le-feu», a cependant tranché mercredi soir Moussa Abou Marzouk, le chef adjoint du Hamas, qui participe aux pourparlers indirects avec Israël au Caire.

«Commencer le processus de reconstruction»

Israël et l'organisation islamiste qui contrôle Gaza observent depuis mardi 8h un cessez-le-feu censé durer jusqu'à vendredi 8h (7h, heure française) dans le territoire dévasté. Ils ont dépêché au Caire des délégations chargées de s'entendre sur une trêve plus durable au cours de discussions indirectes par l'entremise de l'Egypte. «Notre objectif maintenant est de nous assurer que le cessez-le-feu tienne, que Gaza puisse commencer le processus de reconstruction», a assuré le président des Etats-Unis Barack Obama.

Alors que les négociateurs étaient à l'oeuvre dans la capitale égyptienne et que la bande de Gaza retrouvait un semblant de relative normalité, Israël s'est vigoureusement défendu contre les critiques sur l'ampleur des moyens militaires employés au cours de la guerre et des pertes humaines causées.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réaffirmé en conférence de presse que l'opération «Bordure protectrice» était «justifiée» et «proportionnée» à la menace, même si cela n'enlevait rien au «regret profond» ressenti devant les pertes civiles.

«Sympathie d'Obama» pour «les gens ordinaires qui souffrent à Gaza»

«C'est le Hamas qui est responsable de la destruction et des morts» dans le territoire, a insisté Benjamin Netanyahu. Il a de nouveau accusé le Hamas de tirer des roquettes sur Israël à partir d'écoles ou d'hôpitaux, de se servir des civils comme «boucliers humains» et de «sacrifier» des enfants. «La tragédie de Gaza, c'est qu'elle est dirigée par le Hamas», a-t-il martelé.

«Je n'ai aucune sympathie pour le Hamas mais j'en ai pour les gens ordinaires qui souffrent à Gaza», a renchéri Barack Obama lors d'une allocution en clôture du sommet USA-Afrique à Washington, ajoutant que les habitants de la bande de Gaza avaient besoin d'«espoir» et ne pouvaient survivre longtemps coupés du monde.

Israël a fait face à une vive réprobation devant le coût humain de la guerre déclenchée le 8 juillet pour faire cesser les tirs de roquettes et détruire le réseau de tunnels permettant des infiltrations sur son sol. «Bordure protectrice» a tué 1.886 Palestiniens, dont 430 enfants et adolescents, selon le ministère palestinien de la Santé. Les frappes sur trois écoles de l'ONU ont soulevé l'indignation internationale. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont péri.