Ebola: Quelle est l'efficacité du ZMapp, le «sérum secret» des Américains?

SANTE Il a été expérimenté sur Kent Brantly et Nancy Writebol, contaminés par le virus Ebola lors d’une mission humanitaire au Liberia…

Romain Lescurieux

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Le Dr. Kent Brantly (D), médecin américain contaminé par Ebola, descend de l'ambulance à l'hôpital universitaire Emory d'Atlanta, le 2 août 2014. (AP Photo/WSB-TV Atlanta) METRO ATLANTA TV OUT/GAMS104/822407735394/
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Le Dr. Kent Brantly (D), médecin américain contaminé par Ebola, descend de l'ambulance à l'hôpital universitaire Emory d'Atlanta, le 2 août 2014. (AP Photo/WSB-TV Atlanta) METRO ATLANTA TV OUT/GAMS104/822407735394/ METRO ATLANTA TV OUT /1408022056 — AP/SIPA

Y a-t-il un espoir? Selon leur ONG, le Docteur Kent Brantly et l’aide soignante Nancy Writebol - les deux Américains de l’association caritative, Samaritan’s Purse, qui ont contracté le virus Ebola lors d’une mission humanitaire au Liberia - ont reçu un traitement expérimental, baptisé ZMapp. Ce «sérum secret» leur aurait été envoyé des Etats-Unis la semaine dernière, et les aurait «vraisemblablement sauvés», rapporte CNN.

«Des anticorps permettant d’éviter la pénétration du virus dans les cellules»

Ce traitement est le «fruit d’un programme financé par le gouvernement et l’armée américaine, en collaboration avec les autorités sanitaires canadiennes». Et a été «identifié comme traitement potentiel en janvier», rappelle Le Monde. «Ce sérum contient des anticorps permettant d’éviter la pénétration du virus Ebola dans les cellules du malade», explique à 20 Minutes, Sylvain Baize, directeur du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales à l’Institut Pasteur.

Jusque-là, le produit avait été testé uniquement sur des macaques et avait donné quelques résultats encourageants et prometteurs. Ainsi, Kent Brantly et Nancy Writebol, - informés du caractère expérimental de ce traitement - auraient quand même accepté de le prendre, selon leurs proches.

«Le lendemain matin, il prenait sa douche, seul»

Kent Brantly a reçu en premier le traitement par intraveineuse. En l’espace d’une heure, son état s’est considérablement amélioré, rapporte CNN: «Le lendemain matin, il prenait sa douche, seul». Il a ensuite embarqué dans l’avion spécialement affrété pour le ramener à Atlanta où il est arrivé dimanche. Dans l’unité spécialisée où il est soigné actuellement, Kent Brantly a même pu remarcher.

De son côté, Nancy Writebol a également reçu une dose, mais l’effet observé a été moins important. Il a fallu une seconde injection pour permettre un état stable voire une «amélioration significative de son état», commente CNN. Elle a aussi été rapatriée vers les Etats-Unis où elle sera mise en quarantaine dans un hôpital spécialement équipé.

«Impossible de mettre ce résultat sur le bénéfice du traitement»

Pour Sylvain Baize de l’Institut Pasteur, les résultats positifs de ce sérum sont toutefois limités et incertains. «Le ZMapp a une efficacité complète s’il est administré une heure après l’infection», avance-t-il. «L’efficacité baisse au fur et à mesure que ce laps de temps est dépassé», poursuit le spécialiste. En l’occurrence, les deux Américains ont eu les premiers symptômes du virus Ebola, il y a près de neuf jours.

Ainsi, selon ce chercheur, si les membres de l’ONG guérissent, «il sera impossible de mettre ce résultat sur le bénéfice du traitement». En effet, Sylvain Baize rappelle que le taux de mortalité du virus Ebola se situe entre 40 et 90 %. «Il est possible de s’en sortir sans traitement car tout dépend du système immunitaire du malade», tient-il à préciser.

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