Gaza: Le Caire annonce une trêve de 72 heures entre Israéliens et Palestiniens

MONDE Alors qu'Israël a indiqué ne pas avoir l'intention de quitter l'enclave palestinienne...

20 Minutes avec AFP

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Des Palestiniens retournent voir leurs maisons après un bombardement de l'armée israélienne près de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 août 2014.
Des Palestiniens retournent voir leurs maisons après un bombardement de l'armée israélienne près de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 août 2014. — Heidi Levine/SIPA

L'Egypte a annoncé ce lundi soir un accord entre Israéliens et Palestiniens pour une trêve de 72h dans la bande de Gaza, peu après que l'armée israélienne a affirmé n'avoir aucunement l'intention de sortir de l'enclave palestinienne, au 28e jour d'une offensive meurtrière.

«Les contacts de l'Egypte avec les différentes parties ont réussi à obtenir une trêve de 72h à Gaza à partir de 5h GMT demain (mardi) matin et que le reste des délégations se rendent au Caire pour de plus amples négociations», a indiqué un responsable égyptien.

Le Caire, habituel médiateur des conflits entre Israël et le mouvement palestinien Hamas qui contrôle la bande de Gaza, avait invité la semaine dernière Israéliens et Palestiniens à envoyer des délégations pour des négociations en vue d'une trêve. Mais seule la délégation palestinienne, composée notamment de responsables du Hamas et de l'Autorité palestinienne que dirige Mahmoud Abbas, est venue, les Israéliens refusant de s'y rendre.

 «Nous ne partons pas»

«Les Palestiniens sont d'accord avec le cessez-le-feu proposé par l'Egypte», a confirmé Azzam al-Ahmed, qui dirige la délégation palestinienne.

Israël n'avait pas confirmé dans l'immédiat, mais l'Etat hébreu avait annoncé peu auparavant qu'il ne comptait pas encore se retirer de la bande de Gaza.

«Nous ne partons pas, nous restons dans la bande de Gaza, il y a encore beaucoup d'autres missions à terminer», a déclaré à la télévision Moti Almoz, le porte-parole de l'armée après avoir annoncé que «tous les tunnels repérés avaient été détruits.»

L'armée israélienne avait repris peu avant ses opérations, après une trêve unilatérale de sept heures et malgré une réprobation internationale de plus en plus ferme.

«La campagne à Gaza se poursuit (... elle) ne prendra fin que quand les citoyens d'Israël auront recouvré le calme et la sécurité de manière prolongée», a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, faisant fi des critiques et des appels pressants au cessez-le-feu.

>> Les 10 chiffres du conflit par ici

Les explosions ont effectivement repris dans les alentours de la ville de Gaza, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Plus au sud, à Rafah, deux enfants et une infirmière sur le chemin de l'hôpital ont été tués, selon les secours.

Plus de 1.850 Palestiniens sont morts dans l'enclave depuis le début le 8 juillet de cette nouvelle offensive destinée selon Israël à faire cesser les tirs de roquettes depuis Gaza et à détruire les souterrains permettant aux combattants palestiniens de porter le danger sur le sol israélien.

La guerre a tué 64 soldats et trois civils côté israélien.

Avec la pause observée par l'armée israélienne dans son pilonnage, la journée de lundi a été moins meurtrière que les autres dans la bande de Gaza. En début de soirée, 23 Palestiniens avaient été tués selon les secours locaux, alors que plusieurs dizaines de personnes meurent chaque jour depuis le début de l'offensive.

Jérusalem touchée

Les tensions créées par la guerre ont rejailli simultanément à Jérusalem même, théâtre de son premier attentat mortel depuis plus de trois ans et de violences dans plusieurs quartiers.

Un jeune Palestinien à bord d'une pelleteuse a percuté et retourné un bus à la mi-journée. Un juif orthodoxe a été tué par cet acte qualifié de « terroriste » par la police. L'auteur des faits a été abattu.

La guerre à Gaza commence à susciter un grand émoi au sein de la communauté internationale.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a reconnu le droit «total» d'Israël à se défendre. «Mais ce droit ne justifie pas qu'on tue des enfants et qu'on massacre des civils», a-t-il dit.

«Combien de morts faudra-t-il encore pour que s'arrête ce qu'il faut bien appeler le carnage de Gaza?», a-t-il encore demandé. Le président français François Hollande a parlé quant à lui de «massacres».

Fabius est allé jusqu'à «exiger» l'instauration d'un cessez-le-feu tel que proposé par l'Egypte, et préconiser que la communauté internationale «impose» la solution politique de deux Etats israélien et palestinien vivant côte à côte.