Virus Ebola: La presse américaine tente de rassurer la population

ÉPIDÉMIE Les complotistes se sont emparés du rapatriement de deux Américains contaminés pour critiquer l’administration Obama...

Bérénice Dubuc

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An ambulance arrives with Ebola victim Dr. Kent Brantly, right, to Emory University Hospital, Saturday, Aug. 2, 2014, in Atlanta. Brantly, infected with the Ebola virus in Africa arrived in Atlanta for treatment Saturday, landing in a specially equipped plane at a military base, then being whisked away to one of the most sophisticated hospital isolation units in the country, officials say. (AP Photo/WSB-TV Atlanta) METRO ATLANTA TV OUT/GAMS104/822407735394/
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An ambulance arrives with Ebola victim Dr. Kent Brantly, right, to Emory University Hospital, Saturday, Aug. 2, 2014, in Atlanta. Brantly, infected with the Ebola virus in Africa arrived in Atlanta for treatment Saturday, landing in a specially equipped plane at a military base, then being whisked away to one of the most sophisticated hospital isolation units in the country, officials say. (AP Photo/WSB-TV Atlanta) METRO ATLANTA TV OUT/GAMS104/822407735394/ METRO ATLANTA TV OUT /1408022056 — AP/SIPA

A quel point les Américains doivent-ils s’inquiéter? L’arrivée samedi sur le sol américain du Dr Kent Brantly, 33 ans, qui doit être suivie mardi de sa collègue Nancy Writebol, tous deux contaminés par le virus Ebola au Liberia, a déclenché dans la presse américaine une salve d’articles pour tenter de rassurer la population.

La direction des Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a en effet reçu des «emails déplaisants» et une centaine d’appels d’individus demandant pourquoi les deux Américains atteints d’Ebola avaient été autorisés à entrer aux Etats-Unis. Les complotistes américains, au premier rang desquels le célèbre Alex Jones, se sont également emparés de ce rapatriement pour critiquer l’administration Obama. Jones y voit «le signe qu’on cherche à susciter la terreur et l’effroi, afin d’imposer une tyrannie médicale encore plus forte», comme le rapporte Rue89.

Strictes mesures de précaution

A l’instar du Los Angeles Times, de NBC News ou de la radio nationale publique de Boston, la presse outre-Atlantique explique donc les raisons pour lesquelles le risque est minime. D’abord parce que Kent Brantly est soigné à l’hôpital universitaire Emory, à Atlanta, l’un des quatre hôpitaux du pays spécialement équipé pour traiter en isolement ce type de malade. Dans ces conditions, le risque de voir le virus se propager en dehors de la zone d’isolement de l’hôpital est très faible, souligne l’Associated Press. L’agence précise que le service des maladies infectieuses de cet établissement a été créé en 2002 pour soigner les médecins du CDC contaminés lors de leur mission. Kent Brantly est d’ailleurs sorti samedi de l’ambulance enveloppé dans une épaisse combinaison et aidé par une autre personne également protégée qui l’a guidé jusqu’à l’entrée du bâtiment.

Son médecin, le Dr. Bruce Ribner, a indiqué que de strictes et nombreuses mesures de précaution avaient été prises pour le soigner. Il a ainsi expliqué qu’à l’intérieur de l’unité de soins, le patient était totalement isolé de quiconque ne porte pas d’équipement de protection, que le service fonctionnait avec une pression de l’air négative -l’air peut entrer mais ne ressort qu’une fois passée une barrière de filtres retenant les germes-, que tous les tests de laboratoires sont faits dans l’unité de soins, et que le personnel médical est hyper-entraîné.

Traitement expérimental

De plus, le Dr Tom Frieden, directeur des CDC, a rappelé que le virus se transmet seulement par des contacts directs avec des fluides corporels d’un malade ayant des symptômes. Il a aussi souligné que Kent Brantly était soigné sur le sol américain pour lui donner une chance de survivre, en renforçant ses défenses dans l’espoir qu’il surmonte l’attaque du virus. Et, alors que le médecin a été rapatrié aux Etats-Unis il y a seulement deux jours, dans un état jugé stable mais grave vendredi, son état de santé «paraît s’améliorer». Car, même si aucun remède n’existe contre Ebola, plusieurs vaccins sont à l’essai. Selon NBC News et CNN, Kent Brantly aurait reçu l’un de ces traitements expérimentaux, le ZMapp, qui n’avait pas encore été testé sur l’homme.

Le second patient américain atteint d’Ebola, Nancy Writebol, qui travaillait comme Kent Brantly pour l’organisation caritative Samaritan’s Purse, aurait également reçu ce traitement. Elle doit arriver lundi soir ou tôt mardi matin à Atlanta en provenance du Liberia. Elle voyagera à bord du même avion sanitaire que Kent Brantly, équipé d’une unité d’isolement portable.