Premier sommet Afrique à Washington, Ebola en toile de fond

ETATS-UNIS Barack Obama reçoit lundi à Washington une quarantaine de dirigeants africains pour un sommet sans précédent dans l'histoire des Etats-Unis au moment où les yeux sont tournés vers l'ouest du continent frappé par une redoutable épidémie d'Ebola...

20 Minutes avec AFP

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Le président du Togo, Faure Gnassingbe, arrive à la base aérienne de Andrews pour assister au sommet Afrique, le 3 août 2014.
Le président du Togo, Faure Gnassingbe, arrive à la base aérienne de Andrews pour assister au sommet Afrique, le 3 août 2014. — Cliff Owen/AP/SIPA

Le président Barack Obama reçoit lundi à Washington une quarantaine de dirigeants africains pour un sommet sans précédent dans l'histoire des Etats-Unis au moment où les yeux sont tournés vers l'ouest du continent frappé par une redoutable épidémie d'Ebola. Tour d'horizon des enjeux de ce sommet.

Les Etats-Unis à la troisième place des échanges commerciaux avec l'Afrique

Tisser des liens économiques plus solides entre les Etats-Unis et l'Afrique, région prometteuse à la croissance supérieure à celle du reste du monde (le FMI table sur 5,8% en 2015): tel est l'objectif central de ce sommet de trois jours dans la capitale fédérale. Washington, qui promet que la sécurité, la gouvernance et les droits de l'homme seront aussi à l'ordre du jour, revendique sa place comme partenaire d'une région que Barack Obama qualifiait il y a un an de «prochaine grande "success story" mondiale».

Les Etats-Unis ne pointent désormais qu'à la troisième place au tableau des échanges commerciaux avec l'Afrique, loin derrière l'Union européenne, solidement en tête, et la Chine. La Maison Blanche assure que son initiative n'est en rien une riposte - tardive - à la «Chinafrique». Tout, pourtant, dans les propos américains, démontre que la fulgurante offensive de la Chine sur le continent au cours de la décennie écoulée est dans tous les esprits.

«Mon conseil aux dirigeants africains est de s'assurer que si la Chine construit des routes et des ponts, d'une part ils embauchent des travailleurs africains, d'autre part que les routes ne relient pas seulement les mines au port qui permettra de rallier Shanghaï mais que les gouvernements africains aient leur mot à dire dans la façon dont ces infrastructures seront bénéfiques sur le long terme», soulignait le président américain dans The Economist.

Invités indésirables et inévitables

La composition de la liste des invités a fait - un peu - grincer des dents. Seuls les dirigeants de quatre pays, jugés infréquentables, n'ont pas été conviés: la Centrafrique, l'Erythrée, le Soudan et le Zimbabwe. Les indéboulonnables présidents de la Guinée équatoriale (Teodoro Obiang Nguema), du Cameroun (Paul Biya) ou encore de l'Angola (Eduardo dos Santos) ont en revanche reçu un carton d'invitation.

Un lourd volet sécurité

Sur le dossier sécurité, la menace d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), les attaques répétées de Boko Haram, la guerre civile au Soudan du Sud ou encore les offensives meurtrières des shebab somaliens au Kenya seront immanquablement abordés. Pour le président américain, l'un des sujets centraux du sommet sera «de trouver les moyens de renforcer les capacités africaines dans les efforts de maintien de la paix et de résolution des conflits».

Avant son départ pour Washington, le président camerounais Paul Biya a souligné que cette rencontre devait être l'occasion de mettre en place, avec le Nigeria, le Niger et le Tchad, une véritable «stratégie régionale» pour lutter contre Boko Haram. «Parce que c'est un mouvement terroriste international, il faut aussi le prendre à l'international», a-t-il affirmé.

Le spectre d'Ebola

Mais c'est une crise sanitaire, celle du virus Ebola, à l'origine de plus de 700 morts en Afrique de l'Ouest, qui pourrait occuper le devant de la scène. Accaparés par la gestion de ce qui est, de loin, la plus grande épidémie en près de 40 ans d'histoire de cette maladie, le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma et son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf ont renoncé à venir aux Etats-Unis.

Des contrôles médicaux seront mis en place à l'arrivée sur le sol américain pour les délégués venant de pays affectés, des mesures de précaution pour des personnes qui auraient couru un «risque marginal, infinitésimal d'exposition», a assuré Barack Obama qui s'est voulu rassurant.

Si Barack Obama n'a prévu aucune rencontre bilatérale, la Maison Blanche mettant en avant un casse-tête logistique et diplomatique, un grand dîner à la Maison Blanche aura lieu mardi soir. Le nouveau président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui a décliné l'invitation à Washington, fera partie des absents remarqués.