Gaza: Une trêve humanitaire de sept heures entrée en vigueur

PROCHE ORIENT Israël a provoqué l'indignation après une frappe qui a tué au moins 10 Palestiniens dans une école de l'ONU...

20 Minutes avec AFP

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Des Palestiniens retournent voir leurs maisons après un bombardement de l'armée israélienne près de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 août 2014.
Des Palestiniens retournent voir leurs maisons après un bombardement de l'armée israélienne près de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 août 2014. — Heidi Levine/SIPA

Feu vert pour la trêve humanitaire. Cette pause dans les frappes israéliennes est entrée en vigueur lundi à 10h (9h, heure française) dans la bande de Gaza dévastée. Décrétée unilatéralement par Israël, elle est censée durer sept heures. Toutes les tentatives précédentes ont échoué.

Dans un communiqué de l'armée diffusé au 28e jour de son conflit avec le Hamas, Israël avait annoncé s'abstenir lundi de tout tir pendant sept heures de «fenêtre humanitaire». Le cessez-le-feu interviendra entre 10h et 17h (9h et 16h, heure française) sauf sur la partie située à l'est de la ville de Rafah, au sud de l'enclave, «où des affrontements sont encore en cours et où est maintenue une présence militaire israélienne», précise le texte.

«Un scandale du point de vue moral et un acte criminel»

Dimanche soir, la responsabilité de la frappe intervenue à Rafah, qui a soulevé la plus vive émotion, n'avait pas été formellement établie. L'armée israélienne a déclaré avoir «pris pour cible trois terroristes du Jihad islamique montés sur une moto à proximité d'une école de l'UNRWA à Rafah», la ville du sud du territoire soumise depuis vendredi à un pilonnage intensif. Dans un communiqué publié dans les premières heures lundi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que contrairement aux miliciens islamistes du Hamas, qui ont tiré ces dernières semaines des milliers de roquettes visant des civils israéliens, Israël ne cible pas de civils palestiniens.

Dimanche, 71 personnes ont encore péri dans le seul secteur de Rafah, selon les secours locaux. Les services de secours palestiniens ont aussi fait état de la mort dimanche soir d'au moins sept personnes dans un raid aérien israélien dans le nord de la bande de Gaza.

Mais c'est la frappe contre l'école gérée par l'agence onusienne pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) transformée en centre d'accueil pour environ 3.000 réfugiés qui a provoqué une émotion générale. C'est la 3e fois en 10 jours qu'une école de l'ONU est atteinte. Une trentaine de Palestiniens ont déjà été tués dans des frappes sur des écoles à Beit Hanoun le 24 juillet et à Jabaliya le 31 juillet. «C'est un scandale du point de vue moral et un acte criminel», ainsi qu'une «nouvelle violation flagrante du droit humanitaire international», s'est indigné le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Les Etats-Unis, principaux alliés d'Israël, se sont dits «consternés» par un «bombardement honteux».

Images de bébés morts

Ban Ki-moon et Washington n'ont pas désigné expressément Israël comme responsable. Mais ils ont souligné que l'armée israélienne était très bien informée de la localisation des refuges de l'ONU. Le président français François Hollande a jugé «inadmissible» le bombardement de cette école et demandé que les responsables de cette action, qu'il n'a pas désignés, «répondent de leurs actes».

Un correspondant de l'AFP a rapporté des scènes de chaos, les secouristes se démenant comme ils pouvaient pour évacuer les blessés, au milieu de Gazaouis courant hors d'haleine dans les mares de sang avec des enfants dans les bras. Prises par les photographes de l'AFP à la morgue, les images de bébés morts ou de proches pleurant les neuf membres de la famille al-Ghul décimée par une frappe sur leur maison rendent compte du sort subi depuis vendredi par la population de Rafah.

Les Palestiniens accusent les Israéliens, qui accusent à leur tour le Hamas de se servir des civils comme boucliers humains et des hôpitaux et des écoles pour tirer des roquettes sur Israël. Mais même cela «ne justifie pas des raids qui mettent en danger autant de vies de civils innocents», a dit le département d'Etat américain. Selon des sources médicales, la guerre a tué environ 1.800 Palestiniens. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont été tués.