Déluge de feu sur la bande de Gaza

MONDE Au moins 74 personnes ont été tuées samedi...

M.B. avec AFP
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Un membre des forces de sécurité israéliennes tire des gaz lacrymogènes contre des manifestants palestiniens à Nafez le 2 août 2014
Un membre des forces de sécurité israéliennes tire des gaz lacrymogènes contre des manifestants palestiniens à Nafez le 2 août 2014 — Abbas Momani AFP

L'armée israélienne a donné samedi de premiers signes d'une fin de ses opérations dans des secteurs limités de la bande de Gaza, tout en poursuivant ailleurs un pilonnage qui a encore fait des dizaines de morts.

Pour la première fois depuis le début le 8 juillet de l'opération israélienne, et surtout de sa phase terrestre le 17 juillet, des témoins ont rapporté avoir vu les soldats israéliens se retirer de villages proches de Beit Lahiya (nord) et de Khan Younès (sud).

Dans le même temps, l'armée israélienne a annoncé que les civils pouvaient «rentrer en toute sécurité à Beit Lahiya et Al-Atatra», dans l'étroite bande le long de la frontière dans laquelle sont entrés ses soldats, laissant entendre que l'armée estimait avoir terminé ses opérations dans ces secteurs. Elle y avait ordonné aux habitants d'évacuer le temps qu'elle mène ses opérations destinées à réduire le danger représenté pour Israël par le Hamas, le mouvement islamiste contrôlant de facto le territoire d'une dizaine de kilomètres de large au maximum.

Explosifs disséminés

L'armée israélienne a conseillé aux habitants qui rentreraient «de faire attention aux engins explosifs que le Hamas a disséminés dans la zone». Un éventuel retour devrait prendre du temps. «Nous ne retournerons pas à Beit Lahiya. Nous avons peur que l'armée nous tire dessus», a expliqué Nadal Salman, 20 ans, qui a perdu deux frères et qui préfère rester dans l'école de Jabaliya, juste au sud, où il s'est réfugié après la destruction de sa maison.

Le reste de la bande de Gaza était toujours soumis au feu israélien, 24 heures après qu'une illusion de cessez-le-feu eut volé en éclats.

Au moins 74 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza au cours de la seule journée de samedi, la très grande majorité dans le secteur de Rafah, selon le porte-parole, Ashraf al-Qodra. Selon lui, La guerre en cours dans un territoire densément peuplé, ravagé et asphyxié, a coûté la vie à 1.670 Palestiniens, très majoritairement des civils. Côté israélien, 63 soldats et 3 civils ont été tués.

Les environs de Rafah ont subi un déluge de feu après la disparition, vendredi matin, du sous-lieutenant israélien Hadar Goldin. Selon l'armée israélienne, le soldat de 23 ans a probablement été capturé vendredi matin lors d'une opération de destruction de tunnel. Pour Israël, la capture d'un de ses soldats est le casus belli par excellence.

Discussions prévues au Caire

L'armée a assuré avoir poursuivi sa mission contre le Hamas, frappant 200 cibles en 24 heures: tunnels, fabriques d'armes, dépôts, centres de commandement. Mais elle a dans le même temps continué à fouiller le secteur de Rafah à la recherche du soldat. Tout en disant ignorer son sort, elle ne parle pas formellement d'enlèvement puisque «personne ne l'a revendiqué», selon son porte-parole.

La branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, a assuré ne pas disposer d'informations sur le soldat, tout en revendiquant l'implication de ses combattants dans l'embuscade à l'origine de sa disparition. Pour elle, le soldat a peut-être été tué en même temps que des combattants palestiniens.

La rupture de la trêve de vendredi et la disparition du soldat israélien ont compliqué la recherche d'un cessez-le-feu. Une délégation palestinienne composée de représentants du Hamas, de son allié le Jihad islamique et du Fatah était attendue samedi soir au Caire pour tenter de relancer l'effort de pause dans les combats.

Ces discussions prévues avec des médiateurs égyptiens et associant les Américains étaient programmées vendredi à la faveur de la trêve annoncée. Elles ont été différées avec les événements de Rafah. Selon la presse israélienne, le cabinet de sécurité israélien a décidé de ne pas envoyer de délégation au Caire, refusant de traiter même indirectement avec un Hamas considéré comme indigne de confiance.