Ce que l'on sait de la probable capture du sous-lieutenant israélien Goldin

PROCHE-ORIENT  Les principales questions réponses sur cette capture…

20 Minutes avec AFP
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Le 17 novembre 2012. Des soldats de l'armee israelienne observent la bande de Gaza avant une eventuelle operation terrestre. // PHOTOS : V. WARTNER / 20 MINUTES
Le 17 novembre 2012. Des soldats de l'armee israelienne observent la bande de Gaza avant une eventuelle operation terrestre. // PHOTOS : V. WARTNER / 20 MINUTES — Vincent Wartner / 20 Minutes

L'armée israélienne a annoncé ce vendredi avoir perdu trace du sous-lieutenant Hadar Goldin. Que sait-on de cette probable capture ? Des combattants palestiniens ont-ils profité du cessez-le-feu pour l'enlever ? Pourquoi une riposte israélienne aussi violente ? Quelques éléments de réponse...

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Dans quelles circonstances le soldat a-t-il disparu ?

La seule version des faits est celle de l'armée israélienne. Selon elle, ses soldats entreprenaient de détruire un tunnel du Hamas, à l'est de Rafah, quand des combattants palestiniens sont ressortis à la surface et ont ouvert le feu. Un kamikaze se serait fait exploser. Deux militaires sont tués, le major Benaya Sarel, 26 ans, et le soldat Liel Gidoni, 20 ans. Le sous-lieutenant Hadar Goldin est porté disparu. «Nous pensons que le soldat a été enlevé par le Hamas aujourd'hui», a dit l'armée.

La branche militaire du Hamas, elle, a affirmé dans la nuit de vendredi à samedi ne pas disposer d'information à son sujet. «Les brigades Ezzedine al-Qassam ne disposent pas d'information sur ce soldat. Nous avons perdu contact avec un de nos groupes de combattants, qui se battaient dans le secteur où a disparu le soldat et il est peut-être possible que nos combattants ainsi que ce soldat ont été tués», indique-t-elle dans un communiqué.

A quelle heure cela s'est-il passé ?

L'enjeu est d'importance, le Hamas comme Israël ayant accepté un cessez-le-feu à partir de 8h locales. Selon l'armée israélienne, l'attaque du groupe de soldats israéliens est survenue à 9h30. Si c'était le cas, cela «constituerait une violation grave du cessez-le-feu humanitaire (...) par les combattants palestiniens», a prévenu le coordinateur spécial pour le Moyen-Orient à l'ONU Robert Serry, qui a précisé qu'il disposait de la version israélienne.

Vers 9h30, un photographe de l'AFP qui était du côté israélien de la frontière, non loin de Rafah, a vu une énorme explosion, suivie d'un immense panache de fumée après sans doute un tir israélien. Dans la zone de Rafah, des Palestiniens affirment, sans apporter de preuve, que l'accrochage entre les soldats israéliens et les combattants palestiniens est survenu à 7h30, soit avant le début de la trêve.

Sans revendiquer l'attaque et encore moins le rapt du sous-lieutenant Goldin, le N.2 du Hamas Moussa Abou Marzouk a déclaré à l'AFP que «toute opération (du mouvement islamiste) avait été conduite avant le début du cessez-le-feu».

Pourquoi une riposte aussi violente de l'armée israélienne qui a soumis le secteur de Rafah à d'intenses bombardements ?

Israël fait du rapt de ses soldats un casus belli. L'enlèvement en juin 2006 du soldat Gilad Shalit, devenu le symbole du devoir sacré d'Israël envers ses militaires, a provoqué cinq mois d'opérations israéliennes vaines dans l'enclave pour le retrouver.

Le tankiste n'a été libéré que cinq ans plus tard, en échange de plus de 1.000 prisonniers palestiniens. Et pour récupérer les corps de deux de ses hommes tués par le Hezbollah libanais lors de la guerre de 2006, Israël s'était engagé à libérer plus de 430 détenus, dont 400 Palestiniens et 23 Libanais.

Le sujet est passionnel en Israël, où la famille de Gilad Shalit a mené une campagne médiatique très active et très efficace. Mais des critiques ont été émises sur un «prix excessif», voire une «capitulation» d'Israël. Le Hamas avait présenté l'enlèvement et l'échange de Gilad Shalit comme «une des plus grandes victoires de la résistance palestinienne».