Crash du vol d'Air Algérie: Une semaine après le drame, que dévoile l'enquête?

DRAME Un avion de la compagnie Air Algérie avec 54 passagers français à bord s’est écrasé mercredi dernier au Mali. Sur place, le travail des experts s’effectue dans des conditions difficiles…

Romain Lescurieux

— 

Des enquêteurs sur le site où s'est écrasé cinq jours plus tôt un avion d'Air Algérie, le 29 juillet 2014 dans la région de Gossi, au nord du Mali
Des enquêteurs sur le site où s'est écrasé cinq jours plus tôt un avion d'Air Algérie, le 29 juillet 2014 dans la région de Gossi, au nord du Mali — Sia Kambou AFP

L’enquête devrait «s’inscrire dans la durée», avait prévenu dès le lendemain de l’accident, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian. Trois jours plus tard, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, lui a fait écho en faisant savoir que l’identification des victimes était une «priorité absolue», qualifiant alors ce travail de «long, minutieux et extrêmement complexe», en raison de la chaleur, l’état des corps ou encore du fait de la zone où ils se trouvent.

>> Revivez la conférence de presse de Laurent Fabius en live

Le ministre a également rappelé lors de cette conférence qu’aucune piste n’était pour l’instant écartée, même si les conditions météorologiques, difficiles cette nuit-là dans la zone, sont pointées du doigt. Une semaine après ce drame qui a coûté la vie à 118 personnes, dont 54 Français, où en est l’enquête?

Que pourront déterminer les fouilles sur place?

Ils sont gendarmes ou policiers, accompagnés d’une équipe du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), pour déterminer les causes exactes de cet accident d’avion et identifier les victimes en recueillant tout ce qui peut l’être. Arrivés il y a quelques jours après le drame, dans la zone de Gossi, à environ 150 km de Gao (nord-est du Mali), ces enquêteurs fouillent donc au milieu des débris métalliques jonchant un sol aride. S’ils s’attendent à un travail minutieux et de longue haleine, un millier d’échantillons ont d’ores et déjà été prélevés. Ce qui nécessitera toutefois, aux dires des enquêteurs, «entre trois et cinq mois pour aboutir aux premières identifications», souligne Le Monde. En revanche, le travail sur les corps s’avère plus délicat

>> Comment travaille l’organisme qui examine les boîtes noires

«Nous avons tout de suite su que nous allions devoir procéder à l’analyse ADN», affirme à l’AFP le colonel Patrick Touron, directeur adjoint de l’institut de recherches criminelles de la gendarmerie française, chargé de l’identification. «Nous avons constaté que nous n’avions aucun corps intègre» mais «des corps profondément fragmentés et aucun n’était identifiable par des mesures classiques de médecine légale, de dentisterie légale, ni même d’empreintes digitales», explique le colonel Touron.

Où sont les boîtes noires?

Les deux boîtes noires ont été rapidement localisées. Dimanche 27 juillet, elles ont ainsi été transférées de Gao, dans le nord du pays, à Bamako, d’où elles ont été expédiées en France, avait alors annoncé le ministre malien de l’information et de la communication. Elles sont arrivées lundi matin en France et sont désormais en train d’être analysées par le BEA.

Une analyse qui risque de prendre «plusieurs semaines», selon Frédéric Cuvillier. «Si les données sont exploitables, leur analyse, leur lecture, demandera peut-être plusieurs semaines», a-t-il déclaré. Mais si la boîte noire, enregistrant les paramètres du vol, a pu être lue et ses données sont effectivement en cours d’analyse, les enquêteurs français doivent encore récupérer les conversations du cockpit contenues dans la seconde qui a été, elle, endommagée, décrypte Les Echos.

Où en est l’instruction et que sait-on pour le moment?

Le parquet de Paris, qui avait lancé jeudi une enquête préliminaire sur ce drame, a ouvert une information judiciaire pour «homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement». Deux juges d’instruction français ont donc été désignés pour enquêter sur les causes du crash. A noter qu’une des familles des victimes du crash a porté plainte contre X pour homicides involontaires.

>> Une famille dépose une plainte contre X pour homicides involontaires. Lire l’article

Pour le moment ce qui semble certain, s’axe sur deux points. Les conditions météo étaient, ce soir-là, très mauvaises. Le général burkinabè Gilbert Diendéré, coordinateur de la cellule de crise sur le crash du vol AH 5017, a d’ailleurs affirmé que l’avion aurait fait une «chute vertigineuse» après avoir été pris dans un orage [10.000 mètres d’altitude à zéro en trois minutes]. Enfin, l’avion avait demandé à rebrousser chemin. En effet, mercredi, les autorités burkinabè ont rendu public les derniers signaux radars émis par l’avion avant de disparaître où l’on voit bien que l’avion a rebroussé chemin avant de s’écraser, mentionne RFI.