VIDEO. Ebola: «Le risque d’importation du virus en France est faible»

SANTE Pour Sylvain Baize, directeur du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales à l’Institut Pasteur, la recherche devrait s’intensifier grâce aux déblocages de fonds…

Propos recueillis par Romain Lescurieux
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Des membres de l'organisation Médecins sans frontières (MSF) transporte le corps d'un malade décédé du virus Ebola, le 1er avril 2014 à Guekedou, en Guinée
Des membres de l'organisation Médecins sans frontières (MSF) transporte le corps d'un malade décédé du virus Ebola, le 1er avril 2014 à Guekedou, en Guinée — Seyllou AFP

L’apparition des premiers cas de fièvre Ebola -qui a déjà tué 672 personnes en Afrique de l’Ouest - dans les capitales de la Sierra Leone et du Nigeria, et le récent décès de deux médecins américains inquiète. Médecins sans frontières évoque désormais une épidémie «hors de contrôle» et le risque de voir de nouveaux pays touchés.

>> L’épidémie est hors de contrôle, selon MSF. Lire l’article


Comme une traînée de poudre, la peur a donc commencé à gagner le reste du monde. Les autorités britanniques s’alarmaient mercredi de cette «menace» tandis que Hong Kong annonçait de possibles mesures de quarantaine. «Le risque d’importation du virus en Europe et en France est faible (…) pour autant, une extrême vigilance s’impose face à cette maladie à la fois très grave et très contagieuse», a déclaré ce jeudi la ministre de la Santé, Marisol Touraine, dans une interview au Parisien.

Sylvain Baize, directeur du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales à l’Institut Pasteur, revient pour 20 Minutes, sur ce virus…

Dans quelle mesure, le risque d’importation du virus Ebola en Europe et en France «est faible», pour reprendre les mots de Marisol Touraine?

L’importation du virus en Europe et France est théoriquement possible et désormais plus importante qu’il y a quelques mois, car le nombre de malades a triplé. Mais effectivement le risque est faible. Il y a beaucoup de vigilance, des protocoles de santé et des contrôles dans les aéroports avec une prise en charge très rapide pour des personnes qui présenteraient les premiers symptômes. De plus, les foyers épidémiques se situent principalement dans des zones rurales et forestières assez reculées où les habitants sont susceptibles de ne pas voyager. Enfin, si ça devait arriver, la période d’incubation est très courte (une semaine en moyenne) donc la probabilité qu’une personne prenne l’avion à ce moment-là reste très faible. Et une fois malade, il n’est plus possible de bouger.

Quelles sont les précautions à prendre pour des gens qui se rendraient dans les pays concernés?

Il faut suivre les règles d’hygiène de base, se laver régulièrement les mains et éviter d’être en contact avec des malades. La transmission se fait par contact avec du sang ou un autre fluide biologique infecté: diarrhée, vomissement etc. Si nous n’avons pas besoin d’y aller, il faut donc éviter de se rendre dans les hôpitaux. Dans ce contexte, reste évidemment le problème de ceux qui viennent leur apporter des soins.

Où en est la recherche d’un vaccin à l’heure actuelle?

La recherche est active et des traitements sont en cours d’étude. Mais depuis le début, la recherche sur le virus Ebola est très difficile car elle s’effectue en laboratoire P4 (sécurité maximale) c’est-à-dire avec un nombre limité de personnes et peu de matériel car c’est très sophistiqué. Mais jusque-là ce n’était pas un problème de santé publique. Désormais la maladie commence à faire peur. Donc c’est en train de changer. Ebola va devenir une maladie prioritaire, ce qui pourrait faire débloquer davantage de fonds pour la recherche.