Gaza: Le tourisme en Israël affecté par le conflit

DÉCRYPTAGE Comme lors de chaque opération militaire, le secteur touristique en Israël subit des pertes, même si certains touristes choisissent de maintenir leur voyage...

Bérénice Dubuc

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Des touristes prennent des photos devant le Dôme du Rocher à Jérusalem.
Des touristes prennent des photos devant le Dôme du Rocher à Jérusalem. — AFP PHOTO / THOMAS COEX

«Une vigilance renforcée est de mise». Les Conseils aux voyageurs du Quai d’Orsay sont on ne peut plus clairs quant aux précautions à prendre lors d’un voyage en Israël actuellement. Alors que l’offensive militaire dans la bande de Gaza dure depuis maintenant 23 jours, des roquettes sont toujours tirées vers Israël. Et, malgré le «Dôme de fer» qui en intercepte la majorité, ce contexte a forcément un impact négatif pour le tourisme dans ce pays, qui a connu une très bonne année 2013 et un début 2014 encore plus encourageant.

«Nous avons un tiers des départs prévus qui sont maintenus, un tiers annulés et un autre tiers reportés sur d’autres destinations ou à une autre période», explique à 20 Minutes Geoffroy de Becdelièvre, fondateur et PDG de l’agence de voyage sur Internet Marco Vasco. Même constat du côté de l’Office national israélien de tourisme en France. «Nous avons eu quelques annulations pures et simples, mais surtout des reports ou des modifications de voyage», indique Laurent Gahnassia, directeur marketing et communication de l’Office.

70.000 visiteurs chaque jour sur les sites touristiques

Les touristes français souhaitant se rendre dans le pays ont choisi de changer de destination, de décaler leur départ à fin septembre ou octobre, ou de partir tout de même mais en modifiant leur programme. Le Seto (Syndicat des entreprises du tour-operating) a d’ailleurs recommandé à ses membres de proposer à leurs clients ayant programmé un voyage en Israël jusqu’au 28 août inclus ce type de report sans frais ou de changement de destination.

Pourtant, «les villes pouvant potentiellement être touchées par des tirs de roquettes ne sont pas les plus touristiques, à l’exception de Tel Aviv, qui a connu des alertes», fait valoir Laurent Gahnassia. Il précise qu’il est tout à fait possible de visiter d’autres villes, «comme Netanya, Haïfa, Eilat, même Jérusalem», rappelant que «chaque jour, environ 70.000 touristes visitent les sites touristiques en Israël».

Aménagements

Et, pour ceux qui ont choisi de maintenir leur voyage, les professionnels du secteur ont non seulement aménagé les itinéraires en fonction de la situation, mais aussi renforcé leur assistance sur place pour informer en permanence leurs clients. «Nous avons une démarche proactive. Dès avant leur départ, nous leur parlons de la position du Quai d’Orsay, nous rassurons aussi ceux qui souhaitent partir et nous leur faisons des recommandations sur la conduite à tenir. Ce sont essentiellement des mesures de bon sens, comme d’être toujours vigilant, de se tenir à l’écart des rassemblements, de se conformer aux consignes à suivre en cas d’alerte…», énumère Geoffroy de Becdelièvre.

Car la situation n’est pas inhabituelle pour les tour-opérateurs qui travaillent dans cette zone. «Il y a toujours une baisse lors d’une opération militaire. Nous avons déjà connu cela en 2008-2009 et en 2012. Cela avait été très réactif, mais ensuite cela avait repris très vite», note Laurent Gahnassia.