Accident d'Air Algérie: Les paramètres du vol extraits d'une boîte noire, pas encore les conversations du cockpit

MONDE Le Bureau d'enquêtes et d'analyses est en train de décrypter les informations des boîtes noires…

20 Minutes avec AFP

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Un avion posé de la compagnie Air Algérie (Illustration).
Un avion posé de la compagnie Air Algérie (Illustration). — NEW PRESS/SIPA

Les paramètres du vol AH5017 (vitesse, altitude, trajectoire, etc.) ont été extraits de la boîte noire mais la récupération des conversations dans le cockpit contenues dans la seconde boîte était toujours en cours lundi soir, selon une information des enquêteurs français.

«Les enquêteurs du BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses, chargé de l'enquête technique) ont pu rapidement extraire les données de l'enregistreur de paramètres (...) L'enregistreur phonique a été endommagé par les conditions d'impact. Le travail sur cet enregistreur se poursuit pour en extraire les données», indique le BEA sur son site internet.

Précieux enregistrements

Le BEA ne fournit aucun détail sur les paramètres de vol récoltés, soulignant simplement qu'«un travail de décodage et d'analyse détaillée de ces données va à présent s'engager avec les membres de la Commission d'enquête malienne».

Il rappelle en outre que seul le Président de la Commission d'enquête du Mali «est habilité à communiquer sur le résultat des travaux en cours et sur les prochaines étapes de l'enquête».

La lecture de l'enregistreur de vol «phonique» est aussi importante que la boîte des paramètres de vol car les enquêteurs doivent croiser les données pour comprendre notamment l'interaction entre agissements des pilotes et répercussion sur l'avion.

Le BEA a déjà été confronté à la difficulté de lire des boîtes noires qui étaient endommagées. Ce fut le cas en 2009 lors de l'accident de la Yemenia aux Comores. Il avait alors fallu deux semaines aux enquêteurs pour récupérer les données.

Boîtes endommagées

En revanche, dans l'enquête sur l'accident survenu fin novembre 2008 d'un avion de XL Airways à Perpignan (sud de la France), le BEA avait dû se rendre chez le constructeur Honeywell aux Etats-Unis pour extraire les données, plus d'un mois après la récupération des enregistreurs.

Le MD-83, qui devait assurer la liaison Ouagadougou (Burkina Faso) - Alger (Algérie) et qui s'est écrasé jeudi au nord du Mali, avait à son bord 112 passagers, dont 54 Français, et six membres d'équipage.

Le BEA est l'un des seuls organismes au monde disposant d'outils et de spécialistes capables de décrypter les enregistreurs de vol des avions, plus connus sous le nom de «boîtes noires».

Grâce à ces enregistrements, près de 90% des accidents peuvent être expliqués.

Un avion commercial possède réglementairement deux boîtes noires, appelées DFDR (Digital flight Data Recorder), celui qui a pu être lu dans le cas du AH5017, et CVR (Cockpit Voice Recorder).

Le DFDR enregistre seconde par seconde tous les paramètres sur une durée de 25 heures de vol. Le CVR, l'enregistreur de vol «phonique», comprend les conversations, mais aussi tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage. Une analyse acoustique poussée permet même de connaître le régime des moteurs.