Gaza: les combats meurtriers continuent malgré les annonces de trêve

20 Minutes avec AFP

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Une ambulance arrive sur les lieux d'un bombardement de l'armée israélienne à Gaza, le 27 juillet 20104
Une ambulance arrive sur les lieux d'un bombardement de l'armée israélienne à Gaza, le 27 juillet 20104 — Mahmud Hams AFP

Les hostilités se poursuivaient dimanche après-midi dans la bande de Gaza, malgré l'annonce d'une trêve par le Hamas, l'armée israélienne ripostant à des tirs de roquettes qui ne se sont pas interrompus.Les deux parties se sont mutuellement rejeté la responsabilité de la poursuite des combats, alors qu'approche la fin du ramadan, lundi ou mardi soir.

Aux yeux du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, les combattants du Hamas «violent leur propre cessez-le-feu» en continuant à tirer des roquettes vers Israël qui, a-t-il répété dans une interview sur CNN, «fera tout ce qu'il doit faire pour défendre son peuple».

Le Hamas atend une «réponse oicielle»

«Nous attendons une réponse officielle de l'ennemi», a déclaré le porte-parole du Hamas à Gaza Sami Abou Zouhri, laissant entendre que le mouvement islamiste continuerait à tirer des roquettes tant qu'Israël n'aurait pas cessé ses opérations.

Selon l'armée israélienne, onze roquettes ont encore été envoyées depuis Gaza vers Israël depuis l'annonce de la trêve par le Hamas, qui a lui-même revendiqué des tirs.

Annonces et contradictions

A l'approche de la fin du mois de jeûne du ramadan, lundi ou mardi soir, les belligérants soufflent le chaud et le froid avec des annonces successives en réponse à une demande de l'ONU de prolonger la «trêve humanitaire» observée samedi.

Samedi soir, le Hamas avait rejeté cette pause que le cabinet de sécurité israélien acceptait, exigeant un retrait des soldats israéliens de la bande de Gaz où ils sont entrés le 17 juillet. Après des tirs de roquettes depuis Gaza, Israël a repris dimanche ses opérations et ne les a pas interrompues le Hamas a finalement accepté une nouvelle trêve en début d'après-midi.

Un bilan toujours plus lourd

Dix Palestiniens, dont une femme, ont péri dans les frappes israéliennes contre le sud et le nord de la bande de Gaza où, selon un dernier bilan des secours locaux, 1062 Palestiniens, principalement des civils, sont morts depuis le 8 juillet.

Après avoir profité samedi de la trêve des hostilités pour se ravitailler, en particulier en vivres, la population redoute que son calvaire s'éternise. En effet, même en cas d'une hypothétique trêve durable, il restera à engager des discussions sur le fond, où les désaccords sont très profonds. Israël, qui a annoncé avoir frappé près de 3.600 «sites terroristes» depuis le début de son opération «Bordure protectrice», entend mener à son terme la neutralisation des «tunnels offensifs» construits par le Hamas et son allié, le Jihad islamique.

La question des tunnels

Des souterrains ont en effet été creusés pour lancer des attaques contre Israël et dissimuler l'arsenal et les centres opérationnels des mouvements palestiniens. Pour les détruire, l'armée israélienne explique qu'elle doit être sur le terrain.

L'armée a annoncé avoir découvert une trentaine de tunnels et a précisé voir détruit celui qui avait été utilisé par un commando du Hamas pour une attaque ayant tué sept soldats le 20 juillet. Elle a aussi affirmé avoir tué 320 combattants du Hamas en 20 jours de conflit.

L'Egypte a de son côté annoncé avoir détruit 13 tunnels reliant la péninsule du Sinaï à Gaza, que le Hamas utiliserait pour faire entrer dans l'enclave du carburant, des armes, des vivres et de l'argent.

Pour un accord de trêve durable, le Hamas exige une levée du blocus imposé depuis 2006 par Israël, qui asphyxie l'économie de ce territoire de 362 km2 où s'entassent 1,8 million de personnes, dont le quotidien dépend en grande partie de l'aide humanitaire.