Concordia: L'épave du paquebot achève à Gênes son dernier voyage

CATASTROPHE Fin d'une longue odyssée de deux ans et demi...

20 Minutes avec AFP

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Costa Concordia le 27 juillet 2014 dans le port de Gênes
Costa Concordia le 27 juillet 2014 dans le port de Gênes — Marco Bertorello AFP

L'épave du paquebot Concordia est arrivée ce dimanche dans le port de Gênes où elle sera démontée, deux ans et demi après un naufrage qui avait coûté la vie à 32 personnes et embarrassé toute l'Italie.

Au soulagement général, la carcasse grande comme deux fois le Titanic, redressée et renflouée à grands frais ces derniers mois, a accompli sans accrocs son dernier voyage, tirée pendant quatre jours par deux puissants remorqueurs de haute mer sur un parcours de quelque 280 km le long des côtes italiennes.

La France en particulier avait craint un temps que l'épave ne pollue les côtes corses lors de son passage à proximité, bien que le Concordia ait été escorté d'une flottille d'embarcations chargées de collecter d'éventuels débris flottants, de contrôler la qualité des eaux et de prévenir les cétacés, nombreux dans ces eaux en cette période de l'année.

Journée de manoeuvre

Arrivé dans la nuit devant le port de Gênes (nord-ouest) et immobilisé à environ deux milles (3,6 km) du rivage, le bateau a commencé vers 03h GMT les opérations préliminaires à son entrée et son amarrage dans l'enceinte du port, attendue vers 08h GMT. Les techniciens étaient occupés à détacher les câbles le reliant aux deux remorqueurs de haute mer qui l'ont conduit jusqu'ici pour le relier à d'autres remorqueurs en vue de la manoeuvre d'entrée dans le port.

Une nouvelle manoeuvre «pas difficile mais délicate», destinée à parquer définitivement le bateau dans le port, occupera ensuite une grande partie de la journée de dimanche. L'énorme épave, longue de plus de 290 mètres, ne sera sécurisée à quai que dans l'après-midi vers 15h-16h locales, selon le chef de la Protection civile italienne, Franco Gabrielli, qui a supervisé depuis le début toute l'opération de sauvetage.

Des pièces recyclées

Construit en 2006 dans le chantier naval gênois de Sestri Ponente, celui qui fut le plus grand bâtiment de l'histoire de la marine italienne est donc de retour dans sa patrie au terme d'une incroyable odyssée. L'image de l'énorme navire, resté des mois échoué sur les rochers à quelques dizaines de mètres de la côte, penché à tribord et à moitié immergé, avait fait le tour du monde. Le naufrage avait embarrassé l'Italie en raison du comportement jugé peu glorieux de son capitaine Francesco Schettino. Le marin est actuellement jugé pour homicides par imprudence, naufrage et abandon de navire.

«L'opération n'a pas été facile (...). Elle a été faite par une Italie qui quand elle s'y met est capable de faire vraiment de tout et de nous étonner en bien», a commenté le président du conseil italien Matteo Renzi, attendu à Gênes dans l'après-midi pour dire adieu au mastodonte.

Une nouvelle vie attend à présent du Concordia, monstre de 114.500 tonnes. Entre 40.000 et 50.000 tonnes d'acier sont considérées comme réutilisables et devraient être cédées à des groupes sidérurgiques pour être refondues en de nouveaux matériaux qui pourront être utilisés par exemple dans le secteur de la construction. Pourront aussi être récupérés d'autres types de pièces comme les câbles électriques en cuivre, les machines, certains meubles ou encore les parois vitrées. D'autres pièces «significatives» pourraient faire leur entrée au musée de la Mer de Gênes.