Paris: Une manifestation en soutien aux chrétiens d’Irak prévue ce dimanche

MONDE Les chrétiens d’Irak font l’objet de persécutions…

Audrey Chauvet
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Des chrétiens dans une église près de Mossoul, en Irak, le 19 juillet 2014.
Des chrétiens dans une église près de Mossoul, en Irak, le 19 juillet 2014. — Uncredited/AP/SIPA

Une manifestation de soutien aux chrétiens d’Irak aura lieu ce dimanche sur le parvis de Notre-Dame à Paris, à l’appel du comité de soutien aux chrétiens d’Irak (CSCI). Le CSCI dénonce les persécutions dont sont victimes les chrétiens d’Irak: «Peu de temps après le lancement de l’ultimatum par Abou Bakr Al-Baghdadi, le calife autoproclamé et le marquage de toutes les maisons chrétiennes de la lettre arabe «N» qui ont provoqué la fuite des dernières familles chrétiennes, l’Etat islamique (anciennement EIIL), qui contrôle la ville de Mossoul et les trente églises qu’elle abrite, vient d’ordonner l’excision de toutes les femmes âgées de 11 à 46 ans», écrit l’association dans un communiqué.

A Lyon, une «messe pour la paix» sera célébrée à la basilique de Fourvière par le cardinal Philippe Barbarin, qui se rendra le lendemain en Irak pour une visite de trois jours. Ils seront accueillis par le patriarche chaldéen Louis-Raphaël Sako, qui s’est indigné de la situation des chrétiens d’Irak lors d’un office spécial près de Bagdad: «Les familles chrétiennes ont été jetées hors de chez elles et dépouillées de leurs biens, leurs maisons et leurs propriétés expropriées au nom de l’Etat Islamique. Cela n’est jamais arrivé dans l’histoire des chrétiens ou de l’islam», a souligné le patriarche catholique.

Les maisons des chrétiens marquées de la lettre «N»

Les chrétiens de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, tombée le 10 juin aux mains des djihadistes ultra-radicaux sunnites de l’Etat islamique (EI), ont commencé depuis une semaine à fuir en masse après un ultimatum de l’EI leur donnant quelques heures pour quitter les lieux. Cette fuite massive est le plus récent déplacement de population provoqué par les combattants de l’EI, qui ont obligé les chrétiens à partir ou à se convertir. A Mossoul, les maisons des chrétiens ont été marquées de la lettre arabe «N» pour «Nazaréens», un qualificatif péjoratif qui leur est attribué par les djihadistes.

 

 

Avant l’invasion américaine de 2003, la population chrétienne de l’Irak, l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du Moyen-Orient, était estimée à plus d’un million, dont plus de 600.000 à Bagdad, 60.000 à Mossoul, mais également dans la ville pétrolière de Kirkouk et à Bassora. Depuis 2003, ils ne sont plus qu’environ 400.000 sur l’ensemble du territoire, dont la moitié dans la province de Ninive, dont Mossoul est le chef-lieu. Le patriarche Louis Sako avait évalué à 35.000 le nombre de chrétiens présents à Mossoul avant le début de l’offensive de l’EI.