Gaza: «Face à Israël, Hollande est dans le prolongement de ce qui a été fait avant lui»

Propos recueillis par Nicolas Beunaiche

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François Hollande et Benjamin Netanyahou à Jérusalem, en Israël, le 18 novembre 2013.
François Hollande et Benjamin Netanyahou à Jérusalem, en Israël, le 18 novembre 2013. — RONEN ZVULUN / POOL / AFP

A gauche, la ligne tracée par François Hollande dans le conflit israélo-palestinien a été jusqu’à faire regretter Jacques Chirac. Jugé trop proche d’Israël, le président de la République a essuyé nombre de critiques venues de l’opposition, mais aussi des rangs du PS. Justifiées? Alain Dieckhoff, directeur du Centre d'études et de recherches internationales, décrypte les orientations de l’Elysée pour 20 Minutes.

La position de François Hollande a été très critiquée à gauche. En quoi diffère-t-elle de celle de ses prédécesseurs?

Sur le fond, la position française n’a pas changé. La France est en faveur de la coexistence d’Israël et de l’Etat palestinien à venir. Ce qui a été critiqué, c’est la première déclaration de l’Elysée après la rencontre de François Hollande avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, le 9 juillet. Le communiqué de presse indiquait: «Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces.» C’est cela qui a suscité de l’émoi, en raison de l’absence d’allusion aux victimes palestiniennes. Mais par la suite, la France a fait un effort pour redresser la barre et a notamment demandé à Israël de ne pas utiliser de force excessive à Gaza. Elle s’est efforcée de conserver une position équilibrée.

Le Président Hollande se situe donc dans la lignée de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy…

Sur le fond, oui. François Hollande est dans le prolongement de ce qui a été fait avant lui. Mais comme Nicolas Sarkozy, il évolue aussi dans un contexte différent de celui de Jacques Chirac, un environnement où a émergé un nouvel acteur, le Hamas. Depuis 2007, la France ne peut plus se situer que par rapport à Israël et l’Autorité palestinienne; elle est obligée de tenir compte du fait que le Hamas est une force politique islamiste, opposée à la solution des deux Etats qui plus est.

Mercredi, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution permettant l’envoi d’une mission pour enquêter sur de possibles «crimes de guerre». La France, elle, s’est abstenue…

Il ne faut pas l’analyser comme un vote français mais comme un vote européen. Certains Etats de l’UE étaient pour, d’autres contre, et le reste souhaitait s’abstenir. Les Etats ont donc adopté une position commune, une solution médiane.

A l’inverse, la France vient de débloquer 11 millions d’euros d’aide humanitaire à destination de Gaza…

La France et l’Union européenne soutiennent de longue date l’Autorité palestinienne et les Palestiniens à travers des aides humanitaires. Il n’y a là rien de nouveau. Même si on peut aussi y voir un geste pour montrer que la France tient compte des souffrances de la population civile palestinienne.