Le vol MH17 a pu être abattu «par erreur» par des séparatistes mal entraînés

ENQUETE Selon des hauts responsables américains...

avec AFP

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Des débris du vol de la Malaysia Airlines MH17, qui s'est écrasé en Ukraine le 17 juillet 2014.
Des débris du vol de la Malaysia Airlines MH17, qui s'est écrasé en Ukraine le 17 juillet 2014. — D.FAGET/AFP

Le jour de deuil aux Pays-Bas, mercredi, se déroulera alors que deux questions restent encore sans réponse catégorique: qui a tiré sur le vol MH17, et pourquoi. Mardi soir, de hauts responsables des services de renseignement américains ont livré de nouveaux éléments à l'AFP, sous couvert d'anonymat.

«L'explication la plus plausible c'est qu'il s'agit d'une erreur» et que le missile a été tiré «par un équipage mal entraîné», alors que le système utilisé –une batterie de missiles sol-air de fabrication russe Bouk– demande un certain savoir-faire et de l'entraînement, a indiqué un responsable. En revanche, même si le missile a été tiré d'une zone contrôlée par les rebelles, il est pour l'heure impossible de dire qui «a appuyé sur le bouton» et pourquoi.

Des bavures ont déjà eu lieu

Ces responsables ont souligné que ce type d'erreur, bien que rare, s'est déjà produit par le passé. En 1983, un chasseur soviétique avait abattu un avion de ligne coréen et cinq ans plus tard c'est un navire de guerre américain qui a abattu un Airbus iranien.

Ces responsables ont souligné par ailleurs que les services de renseignement américains n'étaient pas en mesure de dire si des Russes étaient présents sur la batterie au moment du tir ou non.

Les services n'ont pas non plus de preuves que les Russes aient formé les séparatistes à l'usage du Bouk, un système anti-aérien relativement moderne et sophistiqué.

L'explication russe «ne tient pas la route»

Au total, 298 personnes, dont 193 Néerlandais, se trouvaient à bord du Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines qui s'est écrasé jeudi dans l'est de l'Ukraine, dans une zone contrôlée par des séparatistes prorusses.

Ces responsables ont également affirmé que l'explication des Russes de la catastrophe, qui suggère fortement la responsabilité de l'Ukraine, «ne tient pas la route». C'est une des raisons justifiant l'organisation de ce point de presse, a reconnu un des responsables présents, visiblement agacé par la «désinformation» pratiquée selon lui par les autorités russes et les médias d'Etat.