VIDEO. Le lexique pour comprendre le conflit israélo-palestinien

PROCHE-ORIENT «20 Minutes» vous donne les clés pour mieux comprendre le conflit israélo-palestinien à Gaza…

N.Beu.

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Un missile israélien frappe Gaza, le 22 juillet 2014.
Un missile israélien frappe Gaza, le 22 juillet 2014. — ApaImages/SIPA

«Gaza: Le Hamas dit être pour une trêve humanitaire de trois heures». Si vous étiez derrière votre écran ce week-end, vous avez peut-être vu passer ce titre, notamment sur le site de 20 Minutes. Sans forcément en comprendre les tenants et les aboutissants. Entre les termes militaires et les spécificités géopolitiques du Proche-Orient, difficile en effet de toujours s’y retrouver dans le conflit israélo-palestinien. Pour y remédier, 20 Minutes a tenté pour vous une traduction mot à mot.

Vidéo: Thomas Lemoine

Gaza/Territoires palestiniens

Si l’actualité du conflit est parfois résumée par l’adjectif «israélo-palestinien», les affrontements depuis deux semaines n’ont pas lieu dans l’ensemble des territoires palestiniens, à savoir la bande de Gaza, Jérusalem-Est et la Cisjordanie. En réalité, seule Gaza, une enclave de 360km² située dans le sud-ouest du pays et soumise à un blocus, est ciblée par Israël.

Autorité palestinienne/OLP/Hamas

L’Autorité palestinienne est l’entité gouvernementale qui administre les habitants arabes de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Mais elle n’est pas habilitée à négocier dans le conflit israélo-palestinien. La seule institution reconnue internationalement est l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dominée par le Fatah de Mahmoud Abbas. Problème: depuis 2007, ce dernier n’a plus le contrôle de Gaza, dirigée par le mouvement islamiste Hamas. En d’autres termes, le conflit qui a cours actuellement n’oppose pas l’Etat hébreu au pouvoir palestinien, mais au seul Hamas.

Raids aériens/Offensive terrestre

L’offensive israélienne, déclenchée le 8 juillet, était à l’origine aérienne. Gaza a ainsi été bombardée durant dix jours. A partir du 17 juillet, à la suite du rejet d’un cessez-le-feu par le Hamas, Israël a entamé la phase terrestre de son offensive. Objectif: «frapper les tunnels de la terreur» utilisés par les Gazaouis pour rejoindre Israël et l’Egypte.

«Bordure protectrice»/«Dôme de fer»

Après «Plomb durci» en 2008-2009 et «Pilier de défense» en 2012, l’armée israélienne a cette fois nommé son opération militaire, aérienne et terrestre donc, «Bordure protectrice». A ne pas confondre avec «Dôme de fer», le système de défense aérienne qui intercepte depuis 2010 les roquettes et obus de courte portée lancés depuis la bande de Gaza par le Hamas.

Tsahal/Groupes combattants palestiniens

Si l’armée israélienne a son petit nom, Tsahal, il est plus difficile de dénommer les forces palestiniennes. On peut ainsi parfois lire «groupes de combattants» ou «bras armé du Hamas». Dans les faits, les combats sont menés, du côté palestinien, par les Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, et le Djihad islamique.

Roquettes/Bombes

Les deux camps ne disposent pas des mêmes armes. Si l’armée israélienne a pu larguer des bombes lors de ses raids aériens, les combattants du Hamas lancent, eux, des roquettes sur les villes israéliennes. Acheminées par les tunnels qui la relient à l’Egypte, ces fusées sont de fabrication locale, mais aussi syrienne, iranienne ou chinoise. Selon un décompte empirique, une roquette est tirée toutes les dix minutes environ, très souvent de rampes de lancement souterraines, et parfois de zones densément peuplées, ce qui rend leur localisation difficile pour Tsahal.

Trêve humanitaire/Corridor humanitaire

La trêve humanitaire est une pause dans les combats censée permettre l’accès des secours aux zones touchées et faciliter l’évacuation des victimes. Le corridor est la voie de communication qui permet l’acheminement de cette aide humanitaire. Proposée par le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) et acceptée par les deux parties, une trêve humanitaire a duré deux petites heures dimanche à Chajaya… Puis Tsahal et le Hamas ont repris les hostilités.

Accord de paix/Cessez-le-feu

D’un accord de paix global, qui reposerait sur une solution à deux Etats, il n’est pas du tout question pour faire cesser les affrontements que connaît la bande de Gaza depuis deux semaines. La sortie de crise la plus probable est un cessez-le-feu, c’est-à-dire l’arrêt ou la suspension des hostilités. Reste à en définir les contours. Le Hamas le conditionne «à l’arrêt de l’agression, la libération des prisonniers et la levée totale du blocus israélien» de Gaza. Israël, par la voix de son ministre aux Communications, a toutefois jugé ce mardi que ce n’était «pas le moment de parler d’un cessez-le-feu».