Crash en Ukraine: Les États-Unis s'alarment du manque de sécurité sur le site

UKRAINE Quarante-huit heures après la chute de l'avion assurant le vol Amsterdam-Kuala Lumpur, les rebelles empêchent l'accès au site aux responsables ukrainiens et aux inspecteurs internationaux...

20 Minutes avec AFP
— 
Un milicien prorusse tient une peluche près du site du crash du Boeing de la Malaysia Airlines à Grabove le 18 juillet 2014
Un milicien prorusse tient une peluche près du site du crash du Boeing de la Malaysia Airlines à Grabove le 18 juillet 2014 — Dominique Faget AFP

Les États-Unis ont samedi soir jugé «inacceptable» la situation sur le site du crash de l'avion malaisien dans une zone sous contrôle rebelle dans l'est de l'Ukraine, renouvelant leur appel à la préservation des preuves et à l'accès des enquêteurs internationaux.

Quarante-huit heures après la chute de l'avion assurant le vol Amsterdam-Kuala Lumpur très probablement abattu par un missile avec 298 personnes dont 192 Néerlandais à bord, les rebelles empêchent l'accès au site aux responsables ukrainiens et aux inspecteurs internationaux. «Le site n'est pas sécurisé et il y a de nombreux témoignages concernant des corps qui ont été déplacés, des morceaux de l'avion qui ont été emportés, s'accompagnant d'une potentielle falsification des preuves», a déclaré la porte-parole du département d'État américain Jen Psaki.

«Les enquêteurs internationaux se sont vu refuser un accès adéquat au site du crash»

Le secrétaire d'État John Kerry a fait part samedi à son homologue russe Sergueï Lavrov de la «profonde préoccupation» de Washington et appelé Moscou à prendre des mesures immédiates pour «réduire les tensions en Ukraine» et faire en sorte que les séparatistes prorusses déposent les armes. «Les États-Unis sont très préoccupés par le fait que, pour la deuxième journée consécutive, les enquêteurs internationaux et de l'OSCE se sont vu refuser un accès adéquat au site du crash», rapporte le département d'État rendant compte de cette discussion téléphonique «franche et sans détour».

Le chef de la diplomatie néerlandaise Frans Timmermans s'est dit «choqué» et «indigné» par le traitement des corps au cours d'une rencontre à Kiev avec le président ukrainien Petro Porochenko. Il a promis de «tout faire pour que les coupables soient traduits en justice» et «non seulement ceux qui ont appuyé sur le bouton, mais ceux qui ont rendu cela possible».

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a pour sa part déclaré à La Haye que le président russe devait «prendre ses responsabilités à l'égard des rebelles», après une «conversation téléphonique intense» avec lui. «Il doit montrer au monde et aux Pays-Bas qu'il fait ce qu'on attend de lui», a-t-il ajouté.

Certains débris «semblent avoir été déplacés»

Vendredi et samedi, une trentaine d'inspecteurs de l'OSCE, première équipe internationale arrivée sur les lieux, n'a obtenu qu'un «accès limité» au site étendu sur plusieurs kilomètres où gisent valises éparses, livres, jeux d'enfants et passeports et où règne une odeur presque insoutenable. Certains débris «semblent avoir été déplacés» sur le site du crash du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, a indiqué samedi soir à Donetsk Michael Bociurkiw, porte-parole de la mission d'observation de l'OSCE.

Il a fait état de «sacs de duty free ouverts» et de «bouteilles d'alcool cassées», mais aussi de débris apparemment brûlés, mais reposant sur des sections du sol qui ne présentaient pas de traces d'incendie.