Crash du vol MH17: Kiev accuse les rebelles de «détruire les preuves»

UKRAINE Le site du crash se trouve en zone rebelle, contrôlée par les pro-russes...

A.D. avec AFP

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Des débris du vol de la Malaysia Airlines MH17, qui s'est écrasé en Ukraine le 17 juillet 2014.
Des débris du vol de la Malaysia Airlines MH17, qui s'est écrasé en Ukraine le 17 juillet 2014. — D.FAGET/AFP

Le gouvernement ukrainien a accusé samedi les rebelles pro-russes de l'est du pays, soupçonnés d'avoir abattu l'avion de ligne malaisien, de «chercher à détruire, avec le soutien de la Russie, les preuves de ce crime international».

Ainsi, l'enquête sur le tir de missile, venu, selon les Etats-Unis, de la zone contrôlée par les rebelles soutenus par la Russie, s'annonce particulièrement difficile, au moment où les premières équipes étrangères, les Néerlandais et les Malaisiens, arrivent en Ukraine.

Zone rebelle

Le site du crash se trouve en zone rebelle, près de la ville de Chakhtarsk, et le conflit armé en cours entre séparatistes prorusses, qui ont refusé un cessez-le-feu ponctuel, et le gouvernement de Kiev rend les opérations particulièrement complexes.

«Les terroristes ont transporté 38 corps de victimes à la morgue de Donetsk, où des spécialistes parlant avec un net accent russe ont déclaré qu'ils procéderaient à leur autopsie. Les terroristes cherchent aussi des moyens de transport à grande capacité pour transporter les restes de l'avion en Russie», indique le gouvernement dans une déclaration officielle.

Il accuse les rebelles de ne pas permettre aux organes compétents ukrainiens de commencer l'enquête et de ne pas laisser les représentants et experts étrangers accéder au site du crash.

Un chef séparatiste a confirmé samedi à des journalistes de l'AFP présents sur le site, à Grabove, que des corps ont été emmenés à la morgue de Donetsk. «27 corps ont été enlevés ce matin», a-t-il dit. Les combattants prorusses bloquaient l'accès au périmètre du crash.

Gants blancs et sacs noirs

Une demi-douzaine de sauveteurs portant des uniformes et des gants blancs et bleus sortaient d'un champ de blé pour mettre des morceaux de corps dans de grands sacs mortuaires noirs. L'opération se déroule sous le contrôle rebelle.

Dans sa déclaration, le gouvernement de Kiev demande à la Russie de «rappeler ses terroristes et permettre aux experts ukrainiens et internationaux de procéder à l'examen de tous les aspects de la tragédie».

«Il n'y aura pas de pardon pour les criminels internationaux, comme il n'y en aura pas pour ceux qui ont soutenu, entraîné, financé et armé ces terroristes », affirme encore le gouvernement ukrainien, indiquant avoir informé de la situation tous les pays membres de l'UE et les Etats-Unis.

Le conflit qui se poursuit sur le terrain avec notamment des combats à Lougansk, se durcit aussi au plan diplomatique. Le président américain Barack Obama a pointé du doigt vendredi soir les séparatistes prorusses, ajoutant qu'ils bénéficiaient du soutien de la Russie.

Alors que deux tiers seulement des restes humains ont été retrouvés -et que la forte chaleur persistante risque d'accélérer la décomposition des autres- ni les enquêteurs néerlandais, ni les malaisiens, arrivés vendredi et dans la nuit à Kiev n'étaient encore sur place samedi matin.

Vendredi soir, une trentaine d'inspecteurs de l'OSCE, première équipe internationale arrivée sur les lieux, n'a obtenu qu'un «accès limité» au site du crash du vol Amsterdam-Kuala Lumpur.

Progrès potentiel

Samedi matin, un progrès potentiel est apparu, avec l'annonce d'un accord entre Kiev et les séparatistes sur une «zone de sécurité» de 20 km autour du site de crash, négocié par le groupe de contact comprenant l'Ukraine, la Russie et l'OSCE.

Cet accord doit permettre à l'Ukraine de «remplir l'objectif essentiel: (...) identifier les corps et les remettre aux familles», a indiqué Valentyn Nalyvaïtchenko, chef des services de sécurité SBU de Kiev.