Israël lance l'offensive terrestre sur Gaza

PROCHE-ORIENT L'Egypte, qui joue les médiateurs, a dénoncé «l'escalade» israélienne et demandé aux belligérants d'accepter sa proposition de trêve...

20 Minutes avec AFP

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De la fumée s'échappe d'immeubles palestiniens suite à l'opération terrestre dans la bande de Gaza, à Gaza le 17 juillet 2014
De la fumée s'échappe d'immeubles palestiniens suite à l'opération terrestre dans la bande de Gaza, à Gaza le 17 juillet 2014 — Thomas Coex AFP

L'armée israélienne a lancé dans la nuit de jeudi à vendredi une opération terrestre dans la bande de Gaza, après 10 jours de raids aériens meurtriers, le Hamas avertissant que l'Etat hébreu allait «payer un prix élevé» pour cette nouvelle escalade. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déploré le déclenchement de cet assaut terrestre et demandé à Israël d'agir «bien davantage pour faire cesser les pertes civiles». L'Egypte, qui joue les médiateurs, a elle dénoncé «l'escalade» israélienne et demandé aux belligérants d'accepter sa proposition de trêve.

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Cinq Palestiniens, dont un bébé, ont été tués depuis le début de l'opération terrestre, portant à au moins 246 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l'opération israélienne «Bordure protectrice» à Gaza le 8 juillet. Plus de 1.770 personnes, en majorité des civils, ont en outre été blessées, selon les services d'urgence locaux. Israël cherche à neutraliser la puissance de feu du Hamas, mouvement terroriste pour Israël et l'Occident, qui a frappé l'Etat hébreu avec plus de 1.000 roquettes pendant 10 jours, faisant un mort.

«Le Hamas est prêt à la confrontation»

Dans un communiqué, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a justifié le lancement de l'offensive par le «refus du Hamas d'accepter le plan égyptien pour un cessez-le-feu et la poursuite des tirs de roquettes sur Israël». L'objectif est «d'infliger un coup significatif aux infrastructures du Hamas». De son côté, le Hamas a dénoncé «une étape dangereuse, dont les conséquences sont incalculables». «Israël va payer un prix élevé. Le Hamas est prêt à la confrontation», a déclaré le porte-parole du Hamas à Gaza, Fawzi Barhoum dans un communiqué.

Le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal a estimé pour sa part que l'offensive terrestre était vouée à l'échec. «Ce que l'occupant israélien n'a pas réussi à réaliser par ses raids aériens et maritimes, il ne le réalisera pas par son offensive terrestre qui est vouée à l'échec», a-t-il dit à l'AFP. Blindés, pièces d'artillerie et unités d'infanterie avaient été déployés massivement depuis 10 jours à la frontière. Le gouvernement a par ailleurs donné son accord pour la mobilisation 18.000 réservistes supplémentaires, portant le total de mobilisables à 65.000.

«Détruire les tunnels» du Hamas

Il s'agit de la première intervention terrestre israélienne depuis l'opération «Plomb Durci» de 2008-2009, qui avait fait plus de 1.400 morts palestiniens. Selon le ministre de la Communication, Gilad Erdan, l'opération vise avant tout à «détruire les tunnels» du Hamas. Interrogé sur une éventuelle réoccupation de la bande de Gaza, évacuée par Israël en 2005, il a dit que ce n'était «pas l'objectif» mais «qu'on peut en arriver là».

L'armée israélienne a commencé à bombarder très intensivement la bande de Gaza par air, depuis la mer et avec des tirs de chars massés à la frontière vers 22h (21h, heure française). Des salves de roquettes, certaines bruyantes, illuminaient le ciel, selon des journalistes de l'AFP, dont l'hôtel tremblait sous la force des tirs de la marine. Certains quartiers de Gaza étaient plongés dans le noir. Des témoins ont fait état de combats dans les régions de Rafah et Khan Younès (sud).