Afrique: La sécurité, fil rouge de la tournée de François Hollande

DÉCRYPTAGE Le chef de l'Etat a entamé ce jeudi une tournée africaine de trois jours, qui doit l’amener en Côte d'Ivoire, au Niger et au Tchad...

Bérénice Dubuc

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Le président français François Hollande serre la main de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, à son arrivée à Abidjan, le 17 juillet 2014.
Le président français François Hollande serre la main de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, à son arrivée à Abidjan, le 17 juillet 2014. — Alain Jocard/AP/SIPA

Une mini-tournée marathon. François Hollande a entamé ce jeudi une tournée africaine de trois jours, qui a débuté par une visite officielle en Côte d’Ivoire, et doit se poursuivre vendredi au Niger et samedi au Tchad. Au cours de ces trois jours, les rencontres et discussions du chef de l’Etat français avec ses homologues seront essentiellement consacrées aux questions de sécurité dans la zone sahélienne, même si les sujets économiques, ou encore l’affermissement des liens politiques ne seront pas mis de côté.

Une première étape économique

En Côte d’Ivoire, la visite du chef de l’état, qui a convié une quarantaine de dirigeants d’entreprises françaises à l’accompagner, est dominée par la thématique économique. Le pays se remet sur les rails après la crise post-électorale de 2010-2011, et la France – premier partenaire commercial de la Côte d’Ivoire et premier pays investisseur - a donc une carte à jouer. François Hollande doit ainsi visiter la lagune d’Abidjan, où la construction d’un troisième pont a été attribuée à Bouygues, et doit également clôturer avec son homologue Alassane Ouattara un forum économique sur «La ville durable».

Justice et droits de l’Homme

Ces questions seront aussi au programme de la tournée de François Hollande, mais seulement à Abidjan. Un accord de coopération en matière de justice, doté de quelque 25 millions d’euros, doit ainsi être signé entre les deux pays, et François Hollande doit rencontrer des représentants du Front patriotique ivoirien (FPI), parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, et des ONG. Nombre d’entre elles dénoncent en effet le manque de neutralité de la justice ivoirienne qui poursuit presque exclusivement des partisans de Laurent Gbagbo. Cependant, nulle discussion ou rencontre sur ces questions n’est prévue avec l’autoritaire président tchadien, Idriss Déby, devenu partenaire privilégié de Paris sur le continent après son implication dans les opérations militaires au Mali et en Centrafrique.

La lutte contre le terrorisme

Les questions de sécurité sont LE grand enjeu de la tournée africaine du chef de l’Etat, deux jours après la mort d’un soldat français au Mali. François Hollande, notamment accompagné par les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, visitera ainsi vendredi à Niamey la base du détachement Air de l’armée française, d’où sont pilotés les drones effectuant des missions de renseignement dans la bande sahélo-saharienne. Selon une source élyséenne citée par l’AFP, François Hollande et son homologue Nigérien poursuivront «les discussions stratégiques sur les zones de crise entourant le Niger» et chercheront «comment collaborer pour renforcer la sécurité dans la région».

Et samedi, à N’Djamena, François Hollande visitera l’état-major du dispositif «Barkhane» -nouvelle force antiterroriste au Sahel, qui prend le relais de l’opération «Serval», lancée le 11 janvier 2013 contre les islamistes au Mali. Fort de 3.000 militaires, ce dispositif agit en partenariat avec les cinq pays de la zone (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad).

Resserrer les liens politiques

On le sait, les relations sont bonnes entre François Hollande et son homologue ivoirien, qu’il a reçu quatre fois à Paris depuis son élection il y a deux ans. Cette première visite du président français en Côte d’Ivoire devrait donc être l’occasion d’affermir ces liens. Et, au Niger, le chef de l’Etat ira trouver «l’un de ses plus proches amis sur le continent africain», Mahamadou Issoufou, qui a joué un «rôle de premier plan» selon Paris dans la libération des otages français enlevés par Aqmi à Arlit en 2010. Enfin, l’entourage du président Déby a confié à l’AFP que la visite de François Hollande doit permettre de «réaffirmer les relations excellentes entre le Tchad et la France».