Conflit israélo-palestinien: A quoi sert une trêve humanitaire de cinq heures?

INTERVIEW Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, explique les raisons d’une pause dans le conflit…

Propos recueillis par Bertrand de Volontat

— 

De la fumée au-dessus de Gaza, où Israël a frappé le 15 juillet 2014.
De la fumée au-dessus de Gaza, où Israël a frappé le 15 juillet 2014. — AFP PHOTO/MAHMUD HAMS

Au dixième jour de conflit, la trêve humanitaire, qui doit permettre de faire parvenir des vivres et d’apporter des soins aux habitants pris au piège dans l’enclave palestinienne, est entrée en vigueur à 9 heures, heure française, et doit durer 5 heures, jusqu’à 14h. Cette fenêtre humanitaire a pour but de permettre à la population civile de la bande de Gaza de se ravitailler pour leurs besoins humanitaires, précise l’armée israélienne. Elle prévient néanmoins que si «le Hamas ou d’autres organisations terroristes exploitent cette fenêtre humanitaire l’armée répondra fermement». Depuis le 8 juillet, les raids et bombardements israéliens ont fait 215 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils.

>> Suivez les événements de ce jeudi en direct

Cette courte trêve a été décidée à l’issue de négociations avec les représentants de l’ONU, selon la même source. L’armée a prévu de reprendre ses frappes et demande aux résidents de plusieurs zones du nord de l’enclave palestinienne de ne pas rentrer «à la maison après 15 heures» (14h heure française). A quoi sert une trêve de 5 heures? Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique répond à 20 Minutes.

Six heures. Comment justifier la durée choisie?

C’est si court que ça laisse perplexe. Le pourquoi de ces cinq heures est un mystère.

A quoi servent ces cinq heures?

Il y a plusieurs explications à cette trêve. Soit dans un premier temps cela permet aux Palestiniens de traiter leurs blessés. Une trêve est une tactique permettant aux belligérants de s’occuper des victimes. La deuxième explication est celle de laisser l’espace à une réflexion et une négociation. On suspend les armes pour trouver une option. Troisième raison de cette trêve et c’est la plus probable, il s’agit d’une courtoisie faite à l’Egypte qui ainsi ne perd pas la face dans les rapports internationaux.

Cette trêve peut-elle déboucher sur une issue positive?

Tout dépend de la situation qui oppose Israël et Palestine et qui débouche sur cette trêve. Ici le but est humanitaire après dix jours de raids et de bombardements. Une telle trêve se justifie en la comparant à celle de Dien Bien Phu en 1954 pour ramasser les blessés. Cela peut aussi préfigurer d’un armistice quand on sait qu’en coulisse, les efforts diplomatiques se poursuivent pour parvenir à un cessez-le-feu.