Ukraine: Sanctionnée, la Russie répond qu’elle «ne tolérera pas le chantage» des Etats-Unis

CRISE L'Union européenne et les Etats-Unis ont pris des sanctions contre la Russie pour son immixion en Ukraine...

N.Beu. avec AFP

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Le chef de la diplomatie russe Sergei Lavrov donne une conférence de presse à Belgrade le 17 juin 2014
Le chef de la diplomatie russe Sergei Lavrov donne une conférence de presse à Belgrade le 17 juin 2014 — Andrej Isakovic AFP

Moscou sort l’artillerie lourde, du moins verbalement. Après l’adoption de nouvelles sanctions américaines, la Russie réplique jeudi qu’elle «ne tolérera pas le chantage» dont elle accuse les Etats-Unis, qu’elle dénonce comme une «vengeance». «Nous nous réservons le droit de prendre des mesures en réponse» aux nouvelles sanctions, ajoute-t-il dans un communiqué.

Moscou considère les sanctions comme «une tentative primitive de se venger du fait que les événements en Ukraine ne se déroulent pas selon le scénario élaboré par Washington», a également relevé le communiqué. «La Maison Blanche incite de fait au bain de sang [en Ukraine] et dans le même temps, essaie cyniquement de se défaire de sa responsabilité et de fausser grossièrement les faits. Elle a de nouveau agité son arme de prédilection: le bâton des sanctions», a poursuivi le ministère.

L'Europe à l'offensive

Les Etats-Unis ont notamment ajouté à leur liste noire le géant pétrolier russe Rosneft dont les avoirs aux Etats-Unis sont gelés tandis que les entreprises américaines ne seront plus autorisées à mener des transactions avec lui. La banque du géant gazier russe Gazprom, Gazprombank, et la banque publique russe VEB, qui compte le Premier ministre russe Dmitri Medvedev parmi ses dirigeants, figurent également parmi les nouvelles cibles américaines.

Réunis mercredi en sommet à Bruxelles, les Européens ont, eux, décidé de geler des programmes menés en Russie par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), selon une source diplomatique. L'UE a aussi décidé de cibler des «entités», y compris russes, accusées de soutenir «matériellement ou financièrement» les actions menaçant ou sapant la souveraineté de l'Ukraine mais leur liste précise ne sera déterminée que d'ici à la fin juillet. Sans pour autant susciter le courroux des Russes.

Le Parlement européen (PE) devrait se prononcer jeudi sur une résolution exprimant notamment son soutien à l'Ukraine et invitant Moscou à «ne pas menacer l'Ukraine d'une invasion militaire» et à «s'abstenir de soutenir les groupes armés illégaux», faute de quoi il est demandé au Conseil européen «d'imposer de nouvelles sanctions économiques sectorielles» à la Russie, selon le projet du document affiché sur le site Internet du PE.