Le casting à la tête de l'Union européenne prend du retard

EUROPE Le sommet de Bruxelles n'a pas permis, notamment, de désigner les noms du président du Conseil européen et du chef de la diplomatie de l'UE...

N.Beu. avec AFP

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L'actuel président du Conseil européen Herman Van Rompuy (d) et le futur président de la Commission Jean-Claude Juncker (g), le 3 juillet 2014 à Bruxelles
L'actuel président du Conseil européen Herman Van Rompuy (d) et le futur président de la Commission Jean-Claude Juncker (g), le 3 juillet 2014 à Bruxelles — John Thys AFP

Casting compliqué à Bruxelles. Réunis dans la nuit de mercredi à jeudi pour évoquer les nominations aux hauts postes de l'UE, les dirigeants européens ne sont pas parvenus à s'entendre et feront une nouvelle tentative à la fin du mois d'août.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des 28 se sont donné jusqu'à un prochain sommet extraordinaire, le 30 août, pour trouver des compromis sur les noms du président du Conseil européen et du chef de la diplomatie de l'UE. «Nous ne sommes pas encore à un point où nous avons une solution consensuelle sur l'ensemble du paquet», a déclaré le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. «C'est dommage mais pas dramatique», a-t-il ajouté, jugeant «tout à fait normal que pour ce genre d'opération délicate, on prenne du temps».

Le «paquet» de Van Rompuy

«Je suis tout à fait confiante dans le fait que nous allons y arriver pas à pas, étape par étape», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel à l'issue du sommet, au cours duquel ses homologues ont fêté son 60e anniversaire en lui offrant des fleurs et du champagne. L'équation à résoudre est particulièrement complexe. Après l'élection mardi du chrétien-démocrate Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, l'attribution des deux postes de chef de la diplomatie de l'UE et de président du Conseil répond à des équilibres droite-gauche, nord-sud/est-ouest, mais aussi hommes-femmes et de génération.

Van Rompuy avait été chargé de proposer un «paquet» tenant compte également de la présidence permanente de l'Eurogroupe, qui devrait revenir au ministre espagnol de l'Economie, le conservateur Luis de Guindos. Mais les chefs d'Etat et de gouvernement intégraient aussi dans leurs calculs la Commission européenne, avec l'objectif d'obtenir un gros portefeuille pour leur pays, ce qui faisait monter les enchères.

La clé de la Commission

Une tentative apparemment refusée par Juncker, un vétéran des affaires européennes qui entend composer sa Commission de manière indépendante, selon des sources européennes. Les Etats devraient donc nommer leurs commissaires d'ici la fin du mois de juillet, ce qui lui permettra de constituer son équipe en août, avant le prochain sommet.

«Il y a eu le constat qu'il ne pouvait y avoir de nomination d'un Haut représentant s'il n'y avait pas un paquet global. Et il ne pouvait pas y avoir un paquet global s'il n'y avait pas une certaine clarté dans la composition de la future Commission», a résumé le président français François Hollande.