Gaza: Israël et le Hamas acceptent une trêve humanitaire temporaire

DIPLOMATIE Elle ne durera que cinq heures, ce jeudi, alors qu'un Palestinien a été tué lors d'un raid israélien à l'aube...

20 Minutes avec AFP

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De la fumée après un bombardement israélien dans la bande de Gaza le 16 juillet 2014
De la fumée après un bombardement israélien dans la bande de Gaza le 16 juillet 2014 — Jack Guez AFP

Un répit de courte durée. Le Hamas a annoncé jeudi avoir donné son accord à un cessez-le-feu temporaire demandé par l'ONU pour des raisons humanitaires. «Le groupe donne son accord à un cessez-le-feu de cinq heures» commençant jeudi à 10h (9h en France), a déclaré le porte-parole du Hamas, Sami Abu Zukhri dans un communiqué.

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Plus tôt, l'armée israélienne avait déclaré qu'elle avait accepté une demande des Nations unies d'arrêt de ses attaques sur la bande de Gaza, qu'un responsable de l'ONU a qualifié de «pause humanitaire». Mais elle a prévenu que si le mouvement islamiste palestinien «Hamas ou d'autres organisations terroristes exploitent cette fenêtre humanitaire», elle y «répondrait fermement».

L'annonce d'Israël intervient après une nouvelle journée sanglante, l'armée bombardant massivement Gaza et le Hamas tirant des dizaines de roquettes sur le territoire israélien, au lendemain de l'échec d'un cessez-le-feu proposé par l'Egypte, accepté par l'Etat hébreu mais rejeté par le mouvement palestinien. Elle survient également alors qu'un Palestinien a été tué jeudi à l'aube lors d'un raid aérien israélien dans le centre de la bande de Gaza, à Deir el-Balah, selon des sources médicales palestiniennes. Cette attaque a fait par ailleurs deux blessés, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Mercredi, au moins 25 Palestiniens dont huit enfants ont été tués, selon les secours palestiniens. Quatre des enfants ont péri dans un bombardement qui a détruit une cahute de pêcheurs sur une plage de la ville de Gaza, près du port, où se trouvait un groupe d'enfants, tout près d'un hôtel utilisé par les journalistes.

Israël ouvre une enquête

L'armée israélienne a indiqué enquêter «consciencieusement» sur l'incident «tragique» tout en notant que «selon les résultats préliminaires, les cibles de la frappe étaient du Hamas, une organisation considérée comme «terroriste» par Israël, Washington et l'Union européenne.

Au total 222 Palestiniens ont été tués et plus de 1.600 blessés, en neuf jours d'offensive, selon un dernier bilan des services d'urgences palestiniens. Côté israélien, un civil de 37 ans a été tué par un tir de roquette près de la frontière de Gaza. Selon Israël, plus d'un millier de roquettes ont atteint son sol en neuf jours et plus de 250 ont été détruites par le système de défense Iron Dome.

Médiation égyptienne

Pour tenter de trouver un compromis afin de mettre fin au bain de sang, de nouvelles négociations entre Palestiniens et Egyptiens, les médiateurs traditionnels, ont eu lieu au Caire.

Le numéro deux du Hamas, Moussa Abou Marzouk, a réclamé des modifications à la première mouture de l'initiative égyptienne que le mouvement avait rejetée mardi, a précisé à l'AFP Azzam al-Ahmed, un responsable du Fatah du président Mahmoud Abbas.

Il souhaite notamment que la proposition de trêve inclut l'ouverture des points de passage entre Israël et Gaza et la libération de dizaines de Palestiniens. Abbas devait lui aussi rencontrer les dirigeants égyptiens, alors que le secrétaire d'Etat américain John Kerry a indiqué que son pays «fait tout» pour arracher un accord de cessez-le-feu.