Israël promet d'intensifier ses frappes malgré les appels à la trêve

CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN Israël a demandé dimanche aux habitants du nord de Gaza d'évacuer les lieux...

20 Minutes avec AFP

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Une femme palestinienne se rend dans sa maison détruite après une frappe israélienne, le 13 juillet 2014 à Gaza
Une femme palestinienne se rend dans sa maison détruite après une frappe israélienne, le 13 juillet 2014 à Gaza — Mohammed Abed AFP

Israël a promis dimanche d'intensifier ses bombardements sur la bande de Gaza et demandé aux habitants du nord de l'enclave à évacuer, au 6è jour d'une offensive visant à neutraliser le Hamas et ses tirs de roquettes.

Et malgré les appels de la communauté internationale, ni Israël ni le Hamas, qui contrôle Gaza, ne semblaient prêts à négocier la fin des hostilités qui ont fait 166 morts et 1.120 blessés, en majorité des civils Palestiniens, depuis le début de l'opération « bordure protectrice ».

L'aviation a dispersé des tracts dans le nord de l'enclave palestinienne, non loin de la frontière avec Israël, exhortant les civils à quitter « immédiatement » la région et à se tenir loin des « activistes du Hamas » et de leurs bases. Le porte-parole de l'armée, le général Moti Almoz, a souligné le « sérieux » de la menace et qu'il ne s'agissait pas « d'une mesure psychologique ».

La protection internationale de l'ONU demandée

Un responsable militaire, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a assuré que l'offensive impliquant des bombardements accrus sur le nord de Gaza allait débuter dans la soirée après une journée d'accalmie ayant fait trois morts, contre 56 samedi.

Le Hamas a exhorté la population à ne pas obéir aux ordres d'Israël. A Ramallah (Cisjordanie), le président Mahmoud Abbas, discret depuis le début de la crise, a demandé, dans une lettre adressée au secrétaire général Ban Ki-moon, de placer officiellement l'Etat de Palestine « sous le système de protection internationale de l'ONU ».

A Gaza, des milliers d'habitants ont fui le nord de l'enclave en voiture, à dos d'âne, à pied ou en charrette à cheval, emportant ce qu'ils pouvaient, non pas en raison des tracts mais après avoir passé une nuit d'épouvante, selon des journalistes de l'AFP. « En pleine nuit, j'ai rassemblé les enfants, ils avaient tellement peur », explique Samari al-Atar, qui raconte, en larmes, avoir fui sous les bombes pieds nus avec sa famille Quelque 4.000 habitants se sont réfugiés dans huit écoles locales gérées par l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.

700 roquettes sur Israël

De son côté, Israël a compté une cinquantaine de projectiles tombés sur son territoire depuis samedi minuit. Dix autres ont été détruits par la défense anti-aérienne. Au total, près de 700 roquettes ont touché Israël et plus de 150 ont été interceptées depuis le déclenchement des hostilités, sans faire de victimes.

Dimanche après-midi, deux roquettes ont encore été détruites au-dessus de Tel-Aviv où un concert du chanteur canadien Neil Young prévu jeudi a été annulé pour des raisons de sécurité.

Appels à une trêve

Sur le front diplomatique, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a une nouvelle fois souligné lors d'une conversation avec M. Netanyahu que « les Etats-Unis étaient prêts à faciliter une cessation des hostilités, incluant un retour à l'accord de cessez-le-feu de novembre 2012 ». A Paris, le président François Hollande a appelé à un cessez-le-feu « le plus rapidement possible »

Les ministres allemand et italien, Frank-Walter Steinmeier et Federica Mogherini, sont par ailleurs attendus au Proche-Orient dans les prochains jours. La diplomate italienne a prévu de rencontrer messieurs Netanyahu et Abbas, et son ministère a appelé la communauté internationale à « trouver le courage de mettre fin à l'une des guerres les plus longues de l'histoire contemporaine ».

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait de nouveau appelé samedi les protagonistes à mettre un terme aux hostilités et à respecter le droit international, en particulier « sur la protection des civils ».