Proche-Orient: Y a-t-il un risque d’élargissement du conflit à la frontière libanaise?

CONFLIT Un tir de roquette en provenance du sud du Liban a touché une ville du nord d’Israël ce vendredi matin…

R.L.

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Frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 8 juillet 2014. Une photo prise sur la frontière montre des panaches de fumée dans la bande de Gaza après un raid aérien israélien.
Frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 8 juillet 2014. Une photo prise sur la frontière montre des panaches de fumée dans la bande de Gaza après un raid aérien israélien. — JACK GUEZ / AFP

En plein 4e jour de son opération «Bordure protectrice», Israël a été touché ce vendredi, sur son front Nord. En effet, une roquette a été tirée depuis le sud du Liban pour toucher un secteur de la ville de Kyriat Shmona. La radio publique israélienne a même fait état de deux roquettes de type Katioucha. S’il n’y a eu ni victimes, ni dégâts, la riposte ne s’est pas fait attendre.

En effet, l’artillerie israélienne a répliqué en tirant vers des «positions suspectes», a indiqué Peter Lerner, le porte-parole de l’armée, lors d’un point presse. «Nous allons mener une enquête pour savoir s’il s’agissait d’un acte symbolique ou de quelque chose de plus substantiel», a-t-il ajouté sans donner davantage de précisions.

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«Le Hezbollah n’entrera pas en guerre contre Israël»

L’armée libanaise a évoqué un tir en provenance d’«un groupe inconnu». Du côté des responsables militaires israéliens cités par la radio, les tirs ne semblent pas être dus à la milice chiite du Hezbollah, qui contrôle le sud du pays. «Il s’agit sans doute d’une petite organisation palestinienne souhaitant exprimer sa solidarité avec le Hamas attaqué par l’armée israélienne dans la bande de Gaza», a ajouté la radio.

«Le Hezbollah a les moyens de ses actions avec une grande qualité balistique. Mais se lancer dans une guerre avec Israël serait très périlleux aux niveaux économique, politique et militaire. Le Hezbollah est très pragmatique. En l’occurrence, il n’entrera pas en guerre contre Israël. Tout comme en revanche, il ne déclarera pas un soutien affiché au Hamas», affirme Frédéric Encel, professeur de relations internationales à l’ESG Management School et auteur de l’Atlas géopolitique d’Israël. Pour lui, l’attaque provient d’«une petite organisation dissidente» et n’a qu’un but symbolique.

«Un incident sérieux»

«Effectivement, il y a encore quelques petites organisations palestiniennes dissidentes au Liban. Et le tir en question a en effet de grandes chances de venir d’eux, d’autant qu’il s’agissait d’une roquette de petite taille et ces groupes ne sont pas très bien équipés».

Néanmoins, un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré à l’AFP qu’Israël avait déposé plainte auprès de la Force Intérimaire de l’ONU au Liban (Finul). «C’est un incident sérieux violant la résolution de 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU et clairement destiné à ébranler la stabilité de la région», a regretté le chef de la Finul, le général Paolo Serra, faisant référence à la résolution qui a mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006.

Dans l’après-midi, une source de sécurité libanaise a assuré que la situation à la frontière était redevenue calme. Pour Frédéric Encel, il n’y a en tout cas, pour le moment, «aucun risque d’embrasement de ce côté de la frontière»