Ukraine: Kiev se dit prêt à un cessez-le-feu «bilatéral» dans l’est du pays

MONDE Le président Petro Porochenko pose toutefois quelques conditions…

Vincent Vantighem

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Konstantinovka, Ukraine, le 10 juillet 2014. Des soldats ukrainiens contrôlent un véhicule à 50 kms de Donestk.
Konstantinovka, Ukraine, le 10 juillet 2014. Des soldats ukrainiens contrôlent un véhicule à 50 kms de Donestk. — GENYA SAVILOV / AFP

La paix, ça peut être simple comme un coup de fil. Le président ukrainien Petro Porochenko s’est dit prêt à «un cessez-le-feu bilatéral» dans l’est séparatiste du pays, jeudi soir, lors d’un entretien téléphonique avec Angela Merkel, la chancellière allemande.

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«Le président a assuré à être prêt à un cessez-le-feu bilatéral. Il a en même temps souligné qu’il était nécessaire d’assurer le contrôle sur la frontière afin d’arrêter le transfert d’armes et de combattants depuis la Russie ainsi que la libération de tous les otages et le lancement des négociations inconditionnelles», selon un communiqué de la présidence ukrainienne publié, jeudi soir, à l’issue de cet.

Les troupes ukrainiennes avancent

Selon Kiev, Angela Merkel a souligné au cours de cette conversation que les représentants d’une mission de l’OSCE présente dans l’est de l’Ukraine n’avaient «pas accès aux postes-frontières à cause des agissements des combattants».

>> Vidéo: Angela Merkel insiste sur les «solutions diplomatiques»

La présidence ukrainienne a par ailleurs indiqué avoir repris le contrôle de Siversk, une ville de 12.000 habitants à 100 km au nord de Donetsk où un drapeau ukrainien flotte désormais sur la mairie ainsi que du poste-frontière Tchervonopartisansk dans la région de Lougansk.

Les troupes ukrainiennes qui ont repris cette dernière semaine le contrôle de plusieurs localités dont l’ex-bastion séparatiste de Slaviansk avancent vers Donetsk et Lougansk, deux capitales régionales qui se préparent à résister.

Amnesty dénonce des enlèvements et des tortures

De son côté, l’ONG Amnesty International a dénoncé vendredi la multiplication de cas de tortures et d’enlèvements visant les militants pro-Kiev dans l’est de l’Ukraine en proie à une insurrection armée prorusse. «Des centaines de personnes ont été enlevées ces trois derniers mois», a déclaré Denis Krivocheïev, directeur d’Amnesty chargé de l’Europe et d’Asie centrale.

>> A Lire: Le communiqué d’Amnesty International

«La plupart des enlèvements sont commis par des séparatistes armés et les victimes subissent souvent des tortures. Il y a des cas signalés d’arbitraire du côté des troupes loyalistes, mais ils sont moins nombreux», a-t-il souligné dans un communiqué de l’organisation de défense des droits de l’homme.

Selon le ministère ukrainien de l’Intérieur près de 500 personnes ont été enlevées dans l’Est entre avril et juin. L’ONU a de son côté répertorié 222 cas d’enlèvements, souligne Amnesty.