Mort d'Edouard Chevardnadze, l’un des principaux artisans de la fin de la guerre froide

DISPARITION L’ex-président de la Géorgie est décédé ce lundi matin à l’âge de 86 ans…

Raphaël Couderc avec AFP

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Edouard Chevardnadze en 1998
Edouard Chevardnadze en 1998 — SICHOV/SIPA

Il a été l’un des artisans de la fin de la guerre froide. L’ancien ministre des affaires étrangères soviétique est mort ce lundi a annoncé un proche de la famille, alors même que la Géorgie négocie actuellement un accord d’association avec l’Union européenne.

Un héros en occident

Né le 25 janvier 1928 dans le village de Mamati en Géorgie il avait été ministre sous Michaïl Gorbatchev, dernier leader de l’Union soviétique, entre 1985 et 1990.

Il fut l’un des principaux artisans de la «glasnost» et de la «perestroïka», les politiques de transparence et de restructuration initiée en URSS au milieu des années quatre-vingt par Gorbatchev. Sur la même ligne que ce dernier, il avait ainsi engagé une politique de compromis et de coopération avec les pays occidentaux et encouragé les pays de l’est à tenter de nouvelles expériences démocratiques et économiques. Par ses actions en faveur de la détente, il avait gagné l’estime de la communauté internationale.

En 1990, il démissionne de son poste aux Affaires étrangères pour mettre en garde Gorbatchev contre la menace d’un coup d’état par le pouvoir militaire et les conservateurs.

Une image mitigée en Géorgie

Après le coup d’état de décembre 1991 en Géorgie, Edouard Chevardnadze est appelé par le conseil militaire. Il devient président du Conseil d’état et sera confirmé par le suffrage universel un an plus tard. En 1995, il est élu président de la République de Géorgie, devenu indépendante.

Sa présidence est marquée par des relations tendues avec les minorités ethniques du pays. En août 1992, les troupes géorgiennes qui lui sont loyales sont battues par des milices abkhazes. Des centaines de milliers de Géorgiens fuient cette région de l’ouest du pays mais l’ancien président parvient à en reprendre le contrôle grâce à l’aide militaire russe.

La Russie demande des concessions en échange et c’est ainsi que la Géorgie rentre dans la Communauté des Etats indépendants, sorte d’URSS sans les pays baltes. Edouard Chevardnadze accepte aussi que la Russie maintienne des bases militaires en Géorgie et reste ainsi son influence.

Un pays appauvri lorsqu’il se retire de la vie politique

Malgré l’intégrité personnelle d’Edouard Chevardnadze, la corruption se développe au sein de son entourage pendant sa présidence. Et les élections législatives contestées de 2003 déclenchent des manifestations de masses à Tbilissi, la capitale. Après négociations, il décide de se retirer du pouvoir, laissant un pays appauvri et proche du chaos.

Malgré une image de héros en occident pour son rôle dans l’instauration de la «Perestroïka», il était tombé en disgrâce en Géorgie. Dans une interview au Point en 2004, sa petite fille déclarait «même s’il a commis des erreurs, mon grand-père a toujours œuvré pour la Géorgie».

Retiré de la vie politique depuis 2003, il vivait toujours dans sa résidence en Géorgie.