Nigeria: Plus de 60 femmes otages échappent à leurs ravisseurs islamistes

NIGERIA Ces femmes et jeunes filles avaient été enlevées en juin dernier dans une série d'attaques attribuées au groupe islamiste Boko Haram dans le Nord-Est...

20 Minutes avec AFP

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Des lycéennes ayant réussi à échapper à leurs ravisseurs du groupe islamiste Boko Haram dans la ville de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, le 2 juin 2014
Des lycéennes ayant réussi à échapper à leurs ravisseurs du groupe islamiste Boko Haram dans la ville de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, le 2 juin 2014 — Str AFP

Au Nigeria, 63 des 68 femmes et jeunes filles enlevées en juin dernier dans une série d'attaques attribuées au groupe islamiste Boko Haram dans le Nord-Est ont réussi à échapper à leurs ravisseurs, selon une source sécuritaire dimanche.

Une source sécuritaire de haut rang de Maiduguri, la capitale de l'État, qui a souhaité rester anonyme, a confirmé à l'AFP que 63 des otages ont réussi à s'échapper vendredi soir. «Je viens de recevoir l'alerte, de la part de mes collègues de la région de Damboa, qu'environ 63 des femmes et jeunes filles kidnappées ont pu rentrer chez elles» a, pour sa part, déclaré dimanche à la presse Abbas Gava, un représentant des milices locales de l'Etat de Borno qui travaille en étroite collaboration avec les forces de l'ordre.«Elles ont eu ce geste courageux au moment où leurs ravisseurs se sont absentés pour mener une opération», a-t-il précisé.

Certaines des filles étaient des enfants âgés de 3 à 12 ans

Des affrontements ont en effet opposé les islamistes à l'armée vendredi soir, suite à une attaque des insurgés dans la ville de Damboa, à l'issue desquels plus de 50 islamistes ont été tués, selon l'armée. Ni le porte-parole des armées, ni le porte-parole du gouvernement fédéral n'étaient joignables dimanche soir pour réagir à ces informations. Un responsable de Damboa avait affirmé, lors de cet enlèvement, que certaines des filles étaient des enfants âgés de 3 à 12 ans.

Boko Haram a commencé à enlever des jeunes filles dans cette région bien avant le rapt de plus de 200 lycéennes de la ville de Chibok, également dans l'État de Borno, mi-avril, qui a provoqué une vive émotion au Nigeria et dans le monde. Un rapport de Human Rights Watch datant de fin 2013 fait notamment état d'enlèvements et de viols de femmes et de jeunes filles par le groupe islamiste et d'enrôlement de force de jeunes enfants.

Selon des experts militaires, l'armée nigériane, sous-équipée, est incapable de combattre efficacement Boko Haram, dont l'insurrection pour l'instauration d'un État islamique dans le Nord a fait des milliers de morts en cinq ans (plus de 2.500 depuis le 1er janvier). Des habitants de Chibok se sont rendus vendredi à Abuja pour demander à l'ONU d'intervenir en raison de l'aggravation des violences dans la région et pour réclamer au gouvernement nigérian d'entamer des négociations avec Boko Haram pour la libération des lycéennes, dont 219 sont toujours portées disparues.