Six extrémistes juifs arrêtés après le meurtre d'un jeune Palestinien

PROCHE-ORIENT Benjamin Netanyahu a promis que «les auteurs de ce crime horrible subiraient toute la rigueur de la loi»....

20 Minutes avec AFP

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Un homme porte le drapeau palestinien derrière une photo géante de Mohammed Abu Khdeir, lors des funérailles de ce jeune palestinien, le 4 juillet 2014 à Jérusalem
Un homme porte le drapeau palestinien derrière une photo géante de Mohammed Abu Khdeir, lors des funérailles de ce jeune palestinien, le 4 juillet 2014 à Jérusalem — THOMAS COEX AFP

La police israélienne a arrêté six extrémistes juifs après la mort d'un jeune Palestinien de Jérusalem-Est brûlé vif, dans un climat de tension illustré par des tirs répétés de roquettes de Gaza, où quatre combattants ont été tués par des drones israéliens. Les suspects appréhendés dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'un adolescent palestinien «appartiennent apparemment à un groupe extrémiste juif», a déclaré à l'AFP un responsable israélien.

Le Shin Beth, l'agence de sécurité intérieure, a de son côté indiqué que «plusieurs suspects juifs» avaient été arrêtés à l'aube et qu'ils étaient interrogés. Il s'agit de six jeunes. Benjamin Netanyahu a promis que «les auteurs de ce crime horrible subiraient toute la rigueur de la loi».

Aucun autre détail n'a été divulgué, l'affaire étant soumise à la censure, mais la police a admis, pour la première fois, que l'assassinat du jeune Palestinien pourrait avoir eu des raisons politiques: «la piste privilégiée est celle d'un crime à motif nationaliste», a dit à l'AFP une porte-parole de la police.

Manifestations antiracistes

Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, avait été enlevé le 2 juillet dans le quartier de Chouafat, à Jérusalem-Est occupée et annexée. Son cadavre - entièrement brûlé selon l'avocat de la famille - a été retrouvé quelques heures plus tard près d'une forêt dans la partie ouest de la ville. Dès la découverte de ses restes, les Palestiniens avaient accusé des juifs extrémistes de l'avoir kidnappé et tué par vengeance après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens dans la région d'Hébron, en Cisjordanie occupée, attribués par Israël au mouvement islamiste Hamas.

Selon les rapports préliminaires d'autopsie palestiniens, l'adolescent de Chouafat a été brûlé vif. Il a été enterré vendredi dans un climat très tendu, marqué par des troubles à Jérusalem-Est qui ont gagné samedi des localités arabes du nord d'Israël, où elles ont pris l'allure de manifestations antiracistes. A l'intérieur du «Triangle», le nom de la région de Galilée qui regroupe des agglomérations arabes, la police a annoncé avoir arrêté 35 manifestants dans la nuit de samedi à dimanche, pour moitié des mineurs.

Une journaliste de l'AFP a vu dimanche les traces noircies des émeutes nocturnes à Taybeh, Qalansawe et Oum al-Fahm. De violents affrontements ont à nouveau éclaté dimanche soir dans le nord d'Israël, notamment à Nazareth, la plus grande ville arabe d'Israël, et à Tamra. Seize manifestants arabes israéliens ont été interpellés, selon la police. Benjamin Netanyahu a exhorté les représentants de la communauté arabe en Israël à intervenir pour rétablir le calme.

La minorité arabe -1,4 million de personnes- descend des 160.000 Palestiniens restés sur leur terre après la création de l'Etat d'Israël en 1948.