Proche-Orient: «Des deux côtés, il y a des groupes radicaux qui peuvent suivre la voie du pire»

CRISE Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, a appelé dimanche au calme face à la menace d’une nouvelle escalade…

Romain Lescurieux

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Des forces de sécurité israéliennes patrouillent dans une rue de la ville arabe de Ar'Ara dans le nord d'Isräel, le 5 juillet 2014 après des heurts avec les Palestiniens
Des forces de sécurité israéliennes patrouillent dans une rue de la ville arabe de Ar'Ara dans le nord d'Isräel, le 5 juillet 2014 après des heurts avec les Palestiniens — Jack Guez AFP

Jusqu’où la loi du Talion peut-elle s’appliquer? La mort d’un adolescent palestinien brûlé vif, le 2 juillet, quelques jours après la découverte des corps des trois jeunes israéliens enlevés le 12 juin près d’Hébron en Cisjordanie relance une très vive tension au Proche-Orient.

Pour la première fois, la police israélienne a laissé entendre ce dimanche que cet assassinat – dont l’enquête est soumise à la censure médiatique – pourrait avoir des motifs politiques. Six suspects ont été arrêtés par la police selon le journal quotidien Haaretz. D’après un responsable israélien interrogé par l’AFP, ils appartiendraient «à un groupe extrémiste juif». Dans le même temps, les émeutes ont gagné les localités arabes du nord d’Israël où des violences se sont poursuivies dans la nuit de samedi à dimanche.

Les autorités tentent de temporiser

Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien a appelé ce 6 juillet au calme face à la menace d’une nouvelle escalade à Gaza. «L’expérience a prouvé que dans des moments comme aujourd’hui, nous devons agir de manière responsable et garder la tête froide», a-t-il affirmé à l’adresse de certains de ses ministres qui réclament une opération d’envergure contre la bande de Gaza.

Quelques jours plus tôt, le Hamas a engagé de son côté des négociations pour un nouvel accord de cessez-le-feu avec Israël visant à mettre fin aux tensions. Et ce, via les services de renseignement égyptiens. Mais le pays d’Abdel Fattah al-Sissi peut-il enrayer l’escalade?

«Il y a un vrai risque que ça dérape davantage»

En effet, l’Egypte a lancé le 4 juillet une tentative de médiation entre le Hamas et Israël pour un accord. Mais pour Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique et directeur de la revue Maghreb-Machrek, les résultats sont limités.

«Ce n’est pas la première fois que l’Egypte joue l’intermédiaire. C’est même leur spécialité. Mais les chances de réussites sont minces car le blocage est actuellement total entre Israël et le Hamas», explique le spécialiste. En fait, selon lui l’Egypte n’a qu’une seule préoccupation, motivant ce cessez-le-feu: «la stabilité et la sécurité dans le Sinaï au niveau de sa frontière avec Israël». Pour Jean-François Daguzan, comme pour d’autres analystes, la situation tend davantage vers une troisième intifada qu’une sortie de crise.

«Il y a un vrai risque que ça dérape davantage. Pour le moment, il n’y a pas de solutions. Le processus de négociation est bloqué depuis un certain temps et les assassinats ont fait monter la pression de part et d’autre», explique Jean-François Daguzan. «Certes, les autorités tentent de temporiser mais il y a des deux côtés des groupes radicaux qui peuvent suivre la voie du pire», ajoute-t-il.