Ukraine: Pas d'avancée diplomatique... Kiev poursuit son offensive contre les séparatistes...

MONDE Les négociations entre la Russie et l'Ukraine patinent...

20 Minutes avec AFP

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Militaires et volontaires montent la garde devant le parlement ukrainien, le 3 juillet 2014 à Kiev
Militaires et volontaires montent la garde devant le parlement ukrainien, le 3 juillet 2014 à Kiev — Sergei Supinsky AFP

Kiev a poursuivi jeudi son offensive contre les rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine, repoussant un éventuel retour au cessez-le-feu, réclamé à Berlin par les Européens, jusqu'à ce que ses conditions, et notamment la reprise du contrôle de frontière, soient remplies. «L'opération antiterroriste» pourrait s'intensifier avec la nomination, approuvée jeudi par le Parlement, d'un nouveau ministre de la Défense et d'un nouveau chef d'état-major général.

Sur le plan diplomatique, la réunion des quatre chefs de la diplomatie ukrainien, russe, allemand et français, mercredi dans la capitale allemande, a débouché sur l'appel à une réunion, au plus tard samedi, du groupe de contact réunissant la Russie, l'Ukraine et l'OSCE, avec la participation des rebelles, dans le but de parvenir à un cessez-le-feu durable.

Toutefois, Kiev a réaffirmé dès mercredi sa position par la bouche de son chef de la diplomatie, à savoir que l'Ukraine est prête à négocier dans le cadre du groupe de contact, mais qu'un cessez-le-feu éventuel devrait être «bilatéral» et non unilatéral, comme celui venu à expiration, marqué par de nombreux incidents armés et pertes de vies humaines.

Dialogue de sourds

A Kiev, le numéro deux de l'administration présidentielle, Valeriï Tchalyï, a rappelé mercredi les autres conditions ukrainiennes: la reprise du contrôle de la frontière sous la surveillance de l'OSCE et la libération de «tous les otages» détenus par les rebelles.

Sur le premier point, Moscou propose avec insistance que Kiev envoie ses gardes-frontières, et l'OSCE ses observateurs, du côté russe de la frontière, pour participer aux contrôles. Sans la rejeter ouvertement, Kiev considère de toute évidence cette proposition comme insuffisante, car elle impliquerait que l'autre côté de la frontière puisse rester aux mains des séparatistes.

Mais le dialogue de sourd semble continuer puisque jeudi, au cours d'un entretien téléphonique conjoint, le président russe Vladimir Poutine a exprimé à Angela Merkel et François Hollande sa «grande préoccupation» à propos du nombre croissant de victimes civiles en Ukraine, lors d'un entretien téléphonique jeudi, a indiqué le Kremlin.

Entretien Merkel-Hollande-Poutine

Le Kremlin indique, comme l'a fait la présidence française que Vladimir Poutine, la chancelière allemande et le président français ont lors de cet entretien évoqué de manière «positive» les résultats de la réunion la veille de leurs ministres des Affaires étrangères avec celui de l’Ukraine à Berlin, et insisté sur la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu «durable .

De leur côté, François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont affirmé avoir demandé par téléphone à Vladimir Poutine «d'intervenir auprès des séparatistes pour les amener à négocier et à trouver un accord avec les autorités ukrainiennes», a annoncé l'Elysée.

Dans la soirée, Angela Merkel, mais cette fois avec Obama, ont appelé Moscou à «agir sur les séparatistes» en Ukraine.